Le gouvernement burkinabè a dissous, jeudi, les partis politiques et les regroupements politiques. Selon nos confrères d’Anadolu, qui ont diffusé l’information, le décret a été adopté lors du Conseil des ministres hebdomadaire présidé par le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré.
Le texte prévoit également que les biens et actifs des partis dissous soient transférés à l’État. Par ailleurs, un projet de loi visant à abroger les textes régissant le financement et le fonctionnement des partis politiques a été élaboré en vue de son approbation par l’organe législatif de la transition.
Le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, a déclaré que cette décision faisait suite à une analyse approfondie du système partisan.
« Cette grande et importante décision s’inscrit dans le processus de refondation de l’État. Elle découle d’un diagnostic approfondi du système partisan, qui a révélé de nombreuses dérives dans l’application du régime légal des partis et regroupements politiques dans notre pays. Le projet de loi sera envoyé à l’Assemblée législative de transition dans les plus brefs délais », a expliqué le ministre.
Selon le gouvernement, la prolifération des partis politiques a favorisé les divisions entre les citoyens et affaibli le tissu social.
Les autorités précisent que cette dissolution vise à « préserver l’unité nationale, renforcer la cohérence de l’action gouvernementale et ouvrir la voie à une réforme du modèle de gouvernance politique ».
Depuis plusieurs années, le Burkina Faso est confronté à une grave crise sécuritaire alimentée par des groupes armés. Cette situation a été l’une des principales causes du coup d’État de 2022. Le gouvernement de transition a, à plusieurs reprises, reporté les élections initialement prévues pour juillet 2024, invoquant l’instabilité persistante.
L’activité des partis politiques était largement suspendue depuis le coup d’État, sans toutefois être formellement interdite jusqu’à présent.






