À l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), des scènes d’une rare violence ont été enregistrées ce lundi dans le campus social. Le président de la Commission sociale de la Faculté de Madecine et Odontologie a annoncé le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en Deuxième année de Médecine dentaire.
Des grenades lacrymogènes ont été tirées dans les pavillons, des étudiants ont été violentés et interpellés, tandis que plusieurs étudiantes ont été asphyxiées dans leurs chambres sous l’effet des gaz lacrymogènes. La situation était extrêmement tendue au sein du campus social. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, avait pourtant informé que les restaurants universitaires, fermés depuis vendredi, allaient reprendre leurs activités afin de permettre aux étudiants de se restaurer. Malheureusement, très tôt dans la matinée, des étudiants sont sortis pour barrer la route et poursuivre le mot d’ordre consistant à exiger le paiement des rappels de bourses.
Le régime du président Bassirou Diomaye Faye, engagé dans une politique de rationalisation des dépenses publiques, a décidé de maintenir le paiement des bourses courantes, mais de mettre fin aux rappels (mois non étudiés mais payés). L’État estime ne plus pouvoir supporter cette charge, d’autant plus que le nombre d’étudiants augmente chaque année, faisant des bourses un véritable talon d’Achille depuis le régime d’Abdoulaye Wade, qui les avait généralisées afin d’apaiser les tensions estudiantines après une manifestation ayant entraîné la mort de l’étudiant Balla Gaye. Sous le régime de Macky Sall, la mort de Bassirou Faye avait conduit l’État à faire plusieurs concessions, notamment l’augmentation des bourses et la baisse du prix des tickets de restauration. Aujourd’hui, la décision du régime de Diomaye de mettre fin à ces charges est perçue par les étudiants comme une remise en cause d’acquis sociaux. Cette situation a déclenché une véritable intifada, poussant les forces de l’ordre à pénétrer dans le campus universitaire et à user de la force contre les étudiants. Cette violence jugée disproportionnée a plongé l’UCAD dans une atmosphère de désolation et de tristesse.
De nombreux étudiants ont commencé à évacuer le campus après une nouvelle journée d’affrontements très violents à l’intérieur même du temple du savoir. Il est encore trop tôt pour établir un bilan définitif, mais il y a eu une perte en vie humaine et plusieurs étudiants sont blessés, dont certains grièvement. Beaucoup quittent le campus alors que certains sont pourtant en pleine période d’examens.
Pour Jean Amédi Diatta directeur des bourses, certes le rappel sera supprimé mais la somme reçue par les étudiants sera la même durant l’année.






