La candidature de Macky Sall au secrétariat général de l’Organisation des Nations unies passe comme une pilule difficile à avaler pour le peuple sénégalais qu’il a dirigé entre 2012 et 2024. Pendant 12 ans, le président Macky Sall a géré le Sénégal d’une main de fer dans un gant de velours. Sans état d’âme, il a bâti son pouvoir autour de la privation des libertés et des menaces.
Entre 2021 et 2024, le chef de l’État a franchi le Rubicon. Des militaires ont disparu, notamment deux sous-officiers supérieurs des renseignements, l’un de la gendarmerie et l’autre de l’armée, Didié Badji et Fulbert Sambou. Pas une enquête ni une déclaration sur ces deux jambars qui ont manqué à l’appel. Plus de 83 morts ont été recensés, ainsi que d’autres disparitions qui seraient dissimulées dans le «barsakh» de l’émigration clandestine. Des personnes affirment avoir vu des forces de l’ordre dissimuler un naufrage, alors qu’il s’agissait de manifestants arrêtés. Plus de 2 000 prisonniers politiques, dont certains ont simplement partagé une information ou publié un émoji. Ce fut une véritable république bananière où les droits de l’homme ont été piétinés. Avec toutes les exactions commises, relevant d’un autre âge, et le sang de ses concitoyens versé, une plainte bien documentée a été déposée à la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité : assassinats et torture, dont il a assumé la responsabilité en soutenant n’avoir rien regretté.
Outre les crimes de sang, les crimes financiers ont été à l’ordre du jour. Après son départ il laissa le Sénégal une dette cachée de 7 milliards de de francs CFA et avec un PIB de 113% supérieur aux recommandations de l’UEMOA qui est de 70%.
Macky Sall a cependant été un serviteur de la France à qui il a tout offert sur un plateau d’argent. Les lobbys d’hommes d’affaires français se sont bien servis au Sénégal durant son règne grâce à des contrats léonins. Le pétrole a été quasiment offert à Total, alors que, dans l’appel d’offres, la multinationale était en cinquième position. D’ailleurs, c’est ce qui a été à l’origine de la rupture avec l’ancien ministre de l’Énergie Thierno Alassane Sall, à qui il avait donné l’ordre de signer, ce que ce dernier avait refusé. Conformément aux accords coloniaux qui exigent qu’en cas de découverte d’une ressource, la France soit l’acheteur, à défaut qu’elle négocie avec l’intéressé.
Aujourd’hui le lobbying français semble prendre en forme. Après avoir été nommé envoyé spécial du club de Paris, les ténors de la franceafrique, Alassane Drame Ouattara et Denis Sassou Ngesso portent la candidature de celui qui fut le boucher de Dakar.






