mer 18 Mar 2026

RDC: 1 534 victimes de violences sexuelles en 2025, l’AFC/M23 en tête avec 75 % des cas (ONU)

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur des violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la RDC, dans un communiqué de presse parvenu à la rédaction de 7SUR7.CD ce lundi. Dans son dernier bilan, l’organisme onusien dénonce l’usage persistant du viol comme arme de guerre et met en garde contre l’émergence d’une génération d’enfants nés de ces violences et confrontés à la stigmatisation. Selon les données collectées en 2025, le BCNUDH a documenté 887 cas de violences sexuelles ayant affecté 1 534 victimes, dont une majorité écrasante de femmes (854) et de filles (672). L’est de la RDC demeure l’épicentre de cette tragédie humanitaire : les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu concentrent à elles seules près de 80 % des victimes recensées.

Le M23/AFC en tête des violeurs

Le rapport pointe clairement la responsabilité dominante des groupes armés dans ces crimes. Ceux-ci sont impliqués dans 75 % des cas documentés, avec le Mouvement du 23 mars (M23) en tête, totalisant 439 victimes. D’autres groupes sont également cités, notamment les Wazalendo, la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), divers groupes Maï-Maï, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les Forces démocratiques alliées (ADF). Le BCNUDH note par ailleurs avec préoccupation que des acteurs étatiques, notamment les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), la Police nationale congolaise (PNC) et l’Agence nationale de renseignements (ANR), sont impliqués dans 19 % des cas recensés.

L’esclavage sexuel et ses effets ravageurs

Au-delà des chiffres, le rapport met en lumière des crimes d’une extrême gravité. Des femmes et des filles sont maintenues en esclavage sexuel, parfois pendant de longues périodes, subissant des viols répétés et des grossesses forcées. Une autre conséquence tragique concerne les enfants nés du viol, souvent rejetés par leurs familles, privés d’état civil et exposés à un risque accru de marginalisation ou de recrutement par des groupes armés.

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