Dans une invitation qui circule sur les réseaux sociaux, il est annoncé le lancement de la fondation des deux Premières dames, Absa Faye et Marie Khone Faye, respectivement première et deuxième épouses du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Pourtant, lorsque le PASTEF (le parti qui a porté Bassirou Diomaye Faye au pouvoir) était dans l’opposition, sa ligne politique avait ouvertement critiqué l’existence de la fondation de l’ancienne Première dame, Marième Faye Sall, épouse de Macky Sall.
Plusieurs faits jugés suspects auraient entouré cette dernière fondation « servir le Sénégal », notamment sa liquidation avant la campagne de 2024 et le retrait de nombreux documents. Fort de ce constat, de nombreux Sénégalais ne souhaitent plus entendre parler de fondations de Premières dames, estimant qu’elles ne répondent à aucun cadre légal et qu’elles relèvent davantage d’un héritage colonial.
Alors que le Premier ministre, Ousmane Soko, s’y serait opposé, une large partie de la classe politique exprime également des réserves. De son côté, le président Diomaye semble maintenir sa position en faveur de ces fondations.
Sur sa page Facebook, la députée Maïmouna Bousso, membre de la majorité parlementaire, estime que la fondation « Sénégal solidaire » risque de manquer de transparence.
« Fondation de Première dame ou accouchement programmé d’un système que nous avions combattu ? Voilà toute la question », dénonce-t-elle. Elle revient également sur ce qu’elle considère comme un manque d’exemplarité au sommet de l’État ces dernières années :
« Pendant deux ans, le peuple sénégalais a observé. Deux longues années sans image d’unité, sans geste de solidarité visible : pas une poignée de main, pas une accolade, pas un sourire partagé, pas même un mot échangé en public. »
Dans un contexte inédit marqué par la présence officielle de deux épouses du chef de l’État, Maïmouna Bousso déplore l’absence de signaux publics forts: «Deux ans de silence là où l’exemple devait être donné, car pour la première fois, deux coépouses se retrouvent officiellement au palais de la République. »
S’agissant de la nouvelle fondation, elle s’interroge sur la cohérence du message porté: «Et aujourd’hui, on nous annonce la création d’une fondation nationale baptisée “Sénégal solidaire”. Mais de quelle solidarité parlons-nous, lorsque ceux qui doivent l’incarner n’en donnent aucun signe ? »
Il y a quelques semaines, le député Cheikh Bara Ndiaye avait révélé que le président envisagerait le lancement de deux fondations pour ses épouses, un acte contraire, selon lui, aux promesses électorales.
André TV-A






