Les Sénégalais vivant aux États-Unis ont décidé de réserver un accueil particulier à l’ancien président Macky Sall, qui passera le grand oral le 22 avril à New York pour défendre sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies.
Dans un appel lancé à travers les réseaux sociaux, des activistes sénégalais appellent à la mobilisation afin de démontrer à la face du monde les exactions que son régime avait commises entre 2021 et 2024. Il faut donc s’attendre à la diffusion d’images choquantes de jeunes tués et d’autres touchés par des balles réelles, tirées par les forces de défense et de sécurité, mais aussi par des civils, appelés « nervis », qui ont été recrutés par des responsables politiques pour traquer, torturer et même assassiner des manifestants.
En 2023, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, ces images, diffusées en boucle dans les rues de Washington, avaient déjà marqué l’actualité, montrant le visage sombre du régime du président, alors qu’il lui restait un an au pouvoir.
Pire encore, fait inédit dans l’histoire politique du Sénégal, le président Macky Sall avait tenté de reporter l’élection présidentielle de 2024. Une décision qui avait causé quatre morts avant qu’il ne fasse marche arrière face à la pression.
Dans un contexte pourtant stable, le président Macky Sall, réputé peu tolérant à l’adversité, avait décidé de modifier le code électoral, notamment ses articles 29 et 30. Cette réforme stipulait que toute personne condamnée à une peine, même mineure (plus de six mois avec sursis ou trois mois ferme), ne pouvait plus se présenter à une élection.
Cette stratégie d’élimination des adversaires politiques une situation inédite depuis le président Abdou Diouf a fini par installer une instabilité dans le pays. Ainsi, la répression des manifestations a causé plus de 83 morts, plus de 2 000 prisonniers politiques, ainsi que de nombreux exilés.
En plus de ces crimes de sang, le président Macky Sall est accusé d’avoir fortement endetté le Sénégal, notamment avec une dette cachée estimée à 400 milliards de francs CFA, faisant passer le taux d’endettement de 35 % en 2012 à 120 % en 2024, dépassant largement les normes fixées pour les pays membres de l’UEMOA, établies à 75 %. Au Sénégal, ces partisans ont promis d’organiser une projection d’un écran géant dans la maison de leur parti pour soutenir sa candidature.
André TV-A






