Une déclaration du régime iranien laissait entendre que le passage dans le détroit d’Ormuz serait de nouveau contrôlé par la marine des Gardiens de la révolution islamique, comme c’était déjà le cas avant le cessez-le-feu du 8 avril.
Cela signifie qu’en réalité, les navires marchands souhaitant traverser le détroit d’Ormuz doivent payer un droit de passage et emprunter une route maritime déterminée par Téhéran, constate la presse. Et c’est exactement ce qui se passe depuis ce matin. Via les sites de suivi du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, certains navires parviennent à franchir le détroit, dans le sens du golfe Persique vers le golfe d’Oman, et même dans le sens inverse, bien que cela reste plus rare.
Cela signifie que ces navires, essentiellement des pétroliers et quelques cargos battant pavillon étranger, ont réussi à traverser le détroit parce qu’ils ont payé un droit de passage et emprunté cette route maritime, située en partie dans les eaux iraniennes.
Pourtant hier, Trump affirmait avec assurance que le détroit était totalement rouvert, que l’Iran n’oserait plus jamais le fermer et qu’un engagement clair avait été pris pour ne plus utiliser ce passage stratégique comme levier de pression. Toutefois, le Dr Seyed Mohammad Marandi estime qu’il existe une forte probabilité que Trump invente ces affirmations: «Trump, en ce moment même, invente des histoires sur ce que l’Iran aurait prétendument accepté lors des négociations. Il invente des engagements que l’Iran n’a jamais pris. Il fabrique un récit. Puis, dans quelques jours, il annoncera que l’Iran a “violé” ces engagements inexistants. Il prétendra que l’Iran avait promis A, B, C, D, E et F, puis a refusé de les respecter. Et ensuite, sur la base de ces violations fabriquées, il lancera une nouvelle attaque militaire contre l’Iran », avertit-il, ce qui pourrait déclencher une troisième phase de la guerre.
Pour le moment, le détroit d’Ormuz reste sous surveillance étroite, avec des conditions de passage strictes. Tant que les États-Unis ne rétabliront pas une liberté totale de navigation pour les navires d’origine iranienne à destination et en provenance de l’Iran, la situation restera contrôlée et proche de son état antérieur. En réalité, le détroit d’Ormuz n’est pas seulement une voie maritime : c’est un véritable thermomètre géopolitique.
Trump n’a tout simplement pas les moyens de rouvrir le détroit. Il ne peut ni l’imposer, ni le forcer, et encore moins le contrôler. Cela fait près de 50 jours que, malgré la pression militaire et politique, il n’a pas réussi à faire plier l’Iran.
Aujourd’hui, la réalité le rattrape. Il est contraint de négocier avec ce qu’il qualifiait auparavant de « terroristes ». Et pendant qu’il multiplie les déclarations, sur le terrain, rien n’est réglé.
Même les annonces d’accord sont contestées par l’Iran, preuve que le rapport de force reste loin d’être en sa faveur.
André TV-A






