Les conséquences de la guerre d’agression américano-israélienne contre l’Iran continuent d’être très néfastes pour l’économie mondiale. L’Europe, qui a toujours bénéficié des ressources du Golfe grâce au passage par le détroit d’Ormuz, se retrouve aujourd’hui dans une situation industrielle difficile. En effet, cette guerre a entraîné une hausse des coûts énergétiques et une forte volatilité des prix des matières premières stratégiques comme le naphta, pesant sur l’ensemble du marché chimique.
Peter Huntsman, dirigeant de Huntsman Corporation, dont plusieurs sites sont implantés en Europe, estime que ces événements rappellent surtout la vulnérabilité du continent face aux chocs extérieurs. Selon lui, chaque nouvelle crise internationale accentue davantage le problème énergétique européen.
Les chiffres avancés par l’association sectorielle Cefic témoignent de l’ampleur des difficultés. En quatre ans, le nombre de fermetures de sites chimiques en Europe a été multiplié par six. Près de 10 % des capacités de production du continent ont disparu et environ 20 000 emplois ont été supprimés. Les investissements dans le secteur auraient par ailleurs chuté de plus de 80 % en 2025, révèle Press TV.
Les industriels soulignent également la pression croissante exercée par les producteurs chinois. Avant même les tensions en Asie de l’Ouest, le marché européen faisait déjà face à un afflux de produits chimiques chinois à bas prix. Une partie de cette production a été redirigée vers l’Union européenne après l’introduction de restrictions sur le marché américain.
Le Financial Times rappelle que l’industrie chimique européenne repose sur un système profondément intégré, dans lequel les produits fabriqués par une usine servent de matières premières à une autre. Cette interdépendance inquiète fortement les acteurs du secteur.
Pour Yvonne van der Laan, dirigeante de LyondellBasell, la fermeture progressive de certains sites pourrait déclencher une réaction en chaîne capable de déstabiliser l’ensemble de l’écosystème industriel européen. Le vice-président de Bayer, Matthias Berninger, compare cette situation à une partie de Jenga : chaque fermeture retire un élément de l’édifice industriel jusqu’au moment où l’ensemble de la structure risque de s’effondrer.
TV-A avec Press Tv






