lun 17 Août 2026

Bissau: la junte veut-elle interdire la candidature du PAIGC ?

Avec la procédure engagée contre le leader du PAIGC, Domingos Simões Pereira, tout porte à croire que les protégés d’Umaro Sissoco Embaló s’inscrivent dans la même logique que l’ancien président. Celui-ci est accusé d’avoir orchestré une manœuvre destinée à empêcher une alternance politique et à conserver son influence après son départ du pouvoir.

Soutenu par le PAIGC, Fernando Dias avait remporté l’élection en s’imposant dans neuf régions sur onze, après l’exclusion controversée de Domingos Simões Pereira de la course présidentielle. Selon plusieurs observateurs, cette exclusion aurait lourdement influencé l’issue du scrutin.

Après les événements ayant conduit à son départ du pouvoir, Umaro Sissoco Embaló s’est installé au Maroc. Certains de ses opposants l’accusent de continuer à exercer une influence à distance sur les autorités militaires actuellement au pouvoir.

À la suite d’un simulacre d’un coup d’État, les militaires ont accusé Domingos Simões Pereira de préparer à son tour un renversement du régime. Selon les autorités, un civil aurait approché le leader du PAIGC pour lui demander un financement destiné à organiser un coup d’État. Des accusations jugées fragiles par plusieurs observateurs, qui estiment que la junte cherche avant tout à exécuter les consignes de l’ancien chef de l’État.

Ces critiques interviennent dans un contexte où la Guinée-Bissau est régulièrement citée parmi les pays touchés par le trafic international de cocaïne. Plusieurs rapports et observateurs ont évoqué l’implication présumée de personnalités influentes et de responsables sécuritaires dans ce commerce illicite. La peur de laisser le pouvoir à un adversaire qui pourrait enquêter ses réseaux opaques des autorités civiles et militaires hantent le sommeil de Mballo et ses proches. C’est dans ce climat qu’en novembre 2025, des militaires alliés à l’ancien président Umaro Sissoco Embaló avaient investi le siège de la Commission électorale nationale indépendante. Selon plusieurs témoignages, ils avaient vandalisé les locaux, détruit des ordinateurs, des urnes et des serveurs, avant de s’emparer du pouvoir par la force à la suite de la défaite de leur camp dès le premier tour de l’élection présidentielle.

La junte dirigée par le général Horta Ntam est accusé de préparer un scrutin que ses opposants qualifient de « simulacre d’élection ». Selon eux, l’objectif est d’écarter les principaux adversaires politiques d’Embaló afin de permettre un retour au pouvoir de ses proches sous une apparence de légalité institutionnelle pour protéger leurs arrières.

TV-A

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