Séoul – Nouveau revers judiciaire pour l’ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol. Un tribunal de Séoul l’a condamné, vendredi, à 30 ans de prison pour avoir ordonné des opérations d’infiltration de drones en Corée du Nord dans le but présumé d’exacerber les tensions entre les deux pays et de créer les conditions favorables à l’instauration de la loi martiale en décembre 2024.
Selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, citée par l’Agence de presse Anadolu, la justice a estimé que l’ancien chef de l’État avait supervisé ces incursions de drones dans le cadre d’une stratégie visant à alimenter les inquiétudes sécuritaires au sein de la population et à justifier l’adoption de mesures d’exception.
Les procureurs ont soutenu que Yoon Suk Yeol avait autorisé ces opérations afin de provoquer une réaction de Pyongyang. Selon l’accusation, une telle escalade aurait permis de renforcer les arguments en faveur de la proclamation de la loi martiale alors que le pays était confronté à une crise politique de plus en plus profonde.
Cette nouvelle condamnation s’ajoute à une précédente décision judiciaire rendue en février dernier, lorsque l’ancien président avait été condamné à la prison à perpétuité pour avoir mené une insurrection à travers sa tentative controversée d’imposer la loi martiale. Cette mesure exceptionnelle n’avait toutefois été en vigueur que quelques heures avant d’être annulée par un vote de l’Assemblée nationale.
La chute de Yoon Suk Yeol, élu à la présidence en 2022, s’est accélérée au fil des enquêtes et des procédures judiciaires. L’ancien dirigeant est désormais confronté à huit procès distincts liés à sa tentative d’instaurer la loi martiale. Il fait également l’objet d’accusations de corruption impliquant son épouse, ainsi que d’investigations concernant les circonstances du décès d’un officier des marines survenu en 2023.
Cette série d’affaires constitue l’une des plus importantes crises politico-judiciaires de l’histoire récente de la Corée du Sud. Les procédures en cours pourraient encore alourdir le bilan judiciaire de l’ancien président, dont l’héritage politique demeure fortement contesté dans un pays profondément marqué par les événements ayant conduit à sa chute.
TV-A avec aa.com






