Freetown (Sierra Leone) – Les dirigeants des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont pris plusieurs décisions majeures à l’occasion du 69ᵉ sommet ordinaire de l’organisation, tenu dimanche 19 juillet à Freetown, en Sierra Leone. Au terme des travaux, le général sénégalais Birame Diop a été désigné président de la Commission de la Cédéao pour un mandat de quatre ans. Les chefs d’État ont également validé le projet stratégique de gazoduc reliant le Nigéria au Maroc et confié au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye la présidence tournante de l’organisation sous-régionale.
Cette double désignation renforce le rôle diplomatique du Sénégal au sein de la Cédéao, à un moment où l’organisation est confrontée à d’importants défis sécuritaires, politiques et économiques. La nomination de Birame Diop intervient dans un contexte marqué par la recomposition des équilibres régionaux, après le retrait officiel du Burkina Faso, du Mali et du Niger de l’organisation.
Birame Diop appelé à conduire les réformes
Ancien chef d’état-major général des armées du Sénégal et actuel ministre des Forces armées, le général Birame Diop succède à la tête de la Commission le gambien Omar Alieu Touray avec pour mission de renforcer l’efficacité de l’institution et de restaurer son influence dans un espace ouest-africain profondément fragilisé.
Son mandat s’annonce particulièrement délicat. Il devra notamment poursuivre les efforts de dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), tout en accélérant les réformes institutionnelles destinées à rendre la Cédéao plus réactive face aux crises politiques et sécuritaires.
La lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière, les changements anticonstitutionnels de gouvernement ainsi que l’intégration économique régionale figurent parmi les principaux dossiers qui l’attendent.
Feu vert au gazoduc Nigéria-Maroc
Les dirigeants ouest-africains ont également donné leur approbation politique à la poursuite du projet de gazoduc reliant le Nigéria au Maroc, considéré comme l’un des plus ambitieux projets énergétiques du continent africain.
Long de plusieurs milliers de kilomètres, cet ouvrage doit longer la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest en traversant plusieurs pays membres de la Cédéao avant de rejoindre le Maroc, avec une connexion envisagée au réseau gazier européen.
Au-delà de son intérêt énergétique, le projet est présenté comme un puissant levier d’intégration économique, susceptible de favoriser les investissements, la création d’emplois, l’industrialisation et l’amélioration de l’accès à l’énergie dans plusieurs États de la région.
Une organisation à un tournant de son histoire
Ce 69ᵉ sommet intervient dans une période charnière pour la Cédéao. L’organisation cherche à redéfinir son rôle après les crises politiques successives qui ont secoué plusieurs pays membres ces dernières années, ainsi que le départ des trois États du Sahel central.
Face aux défis sécuritaires persistants, à la montée des tensions géopolitiques et aux attentes croissantes des populations en matière de développement, les dirigeants ouest-africains ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération régionale et de poursuivre les grands projets d’intégration.
Avec la nomination de Birame Diop à la tête de la Commission et l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la présidence tournante, le Sénégal se retrouve désormais au cœur du dispositif décisionnel de la Cédéao. Une position stratégique qui pourrait permettre à Dakar de jouer un rôle déterminant dans les efforts de relance de l’organisation et dans la recherche de solutions durables aux multiples crises qui affectent l’Afrique de l’Ouest.
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