Nouakchott – La route migratoire de l’Atlantique continue de faire des ravages en transformation l’océan en un cimetière hydraulique de milliers de jeunes africains fuyant la misère ou les persécutions politiques. Au moins 144 migrants sont morts ou portés disparus au large des côtes mauritaniennes au cours de la semaine du 13 au 19 juillet 2026, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) rapporte l’AFP. Ce nouveau drame illustre une fois de plus les risques extrêmes encourus par des milliers de candidats à l’émigration clandestine qui tentent de rejoindre l’Europe en traversant l’océan Atlantique.
Pour de nombreux jeunes originaires d’Afrique subsaharienne, la mer représente le dernier espoir d’échapper à la pauvreté, au chômage ou à l’insécurité. Mais cette traversée se transforme bien souvent en tragédie. Profitant du désespoir de ces migrants, les réseaux de passeurs continuent d’organiser des départs clandestins depuis plusieurs pays de la sous-région, notamment la Gambie, exposant des milliers de personnes à une mort quasi certaine.
Selon les informations rapportées par France 24, citant le HCR, une embarcation partie de Bufalo, en Gambie, a été secourue le 18 juillet après avoir dérivé pendant près de 25 jours sur l’océan Atlantique. Les passagers espéraient rejoindre les côtes espagnoles, en particulier l’archipel des Canaries.
Le bilan est particulièrement lourd. D’après le porte-parole du HCR, Matthew Saltmarsh, 143 passagers de cette embarcation sont morts ou portés disparus, tandis que 38 personnes seulement ont survécu. À ce bilan s’ajoute le décès d’un autre migrant à bord d’une embarcation débarquée le 14 juillet, portant le nombre total de victimes à 144.
Malgré ces pertes humaines considérables, les opérations de secours se poursuivent. Au total, trois opérations de sauvetage ont permis de ramener 387 personnes saines et sauves, selon les autorités et les organisations humanitaires.
Paradoxalement, le HCR souligne que les arrivées de migrants dans l’archipel espagnol des Canaries ont fortement diminué cette année. Au 15 juillet 2026, 4 400 arrivées avaient été enregistrées, soit une baisse de 61 % par rapport à la même période en 2025. Cette diminution des arrivées ne signifie toutefois pas une baisse des risques. Les traversées restent parmi les plus dangereuses au monde, avec un nombre de disparitions en mer qui demeure alarmant.
Ce nouveau naufrage rappelle l’urgence d’une coopération renforcée entre les pays d’origine, de transit et de destination afin de lutter contre les réseaux de passeurs, de protéger les migrants et de développer des alternatives légales à la migration irrégulière. Sans réponses durables aux causes profondes de ces départs, l’océan Atlantique continuera de devenir un immense cimetière pour des milliers de personnes en quête d’un avenir meilleur.
TV-A avec afp






