lun 17 Août 2026

Migration à Ceuta: l’Italie, la Finlande et le Danemark réclament un durcissement de Schengen envers l’Espagne

La crise migratoire à Ceuta continue de provoquer de vives tensions au sein de l’Union européenne. Face à l’arrivée massive de migrants dans l’enclave espagnole, l’Italie, soutenue par la Finlande et le Danemark, a demandé l’examen de mesures exceptionnelles pouvant aller jusqu’au rétablissement de contrôles renforcés avec l’Espagne dans le cadre de l’espace Schengen.

À l’origine de cette initiative, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, estime que les images en provenance de Ceuta démontrent que l’immigration irrégulière constitue une menace pour la sécurité des frontières extérieures de l’Union européenne. Elle a affirmé que son gouvernement était prêt à recourir à des « instruments extraordinaires » afin de protéger les frontières européennes.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a, de son côté, établi un lien entre la crise migratoire et la politique de régularisation des migrants menée par le gouvernement espagnol. Une analyse catégoriquement rejetée par Madrid, qui considère ces déclarations comme infondées. En réaction, le gouvernement de Pedro Sánchez a convoqué l’ambassadeur d’Italie en Espagne afin de lui faire part de son mécontentement et de dénoncer des propos jugés contraires à l’esprit de solidarité européenne.

La Finlande a rapidement apporté son soutien à la position italienne. La ministre de l’Intérieur, Mari Rantanen, a accusé l’Espagne d’avoir « complètement échoué » dans la protection de la frontière extérieure de l’espace Schengen. Selon elle, les États qui ne remplissent pas leurs obligations en matière de contrôle des frontières extérieures ne devraient pas continuer à bénéficier pleinement du système de libre circulation. La ministre finlandaise des Affaires étrangères, Elina Valtonen, s’est entretenue avec son homologue espagnol, José Manuel Albares, en appelant l’Espagne à reprendre rapidement le contrôle de la situation avec le soutien des institutions européennes.

La France a également réagi à la crise, mais en privilégiant une réponse opérationnelle. Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé le déploiement d’une force d’intervention rapide afin de renforcer les contrôles aux frontières avec l’Espagne et de prévenir d’éventuels mouvements secondaires de migrants.

Sur le plan juridique, plusieurs experts rappellent toutefois qu’aucun État membre ne peut exclure unilatéralement un autre pays de l’espace Schengen. En revanche, le Code frontières Schengen autorise, dans certaines circonstances exceptionnelles liées à la sécurité ou à l’ordre public, la réintroduction temporaire de contrôles aux frontières intérieures. La Commission européenne suit de près l’évolution de la situation et rappelle que toute mesure doit respecter le droit de l’Union et demeurer proportionnée.

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