lun 17 Août 2026

Sénégal: une partie de l’opposition privilégie le dialogue plutôt que la tenue des élections locales

Alors que les élections territoriales approchent, une partie de l’opposition sénégalaise semble désormais privilégier la voie du dialogue politique plutôt que la tenue du scrutin dans les délais initialement prévus. Réuni au sein du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), ce regroupement de partis estime que le calendrier électoral est désormais « largement compromis » et réclame l’ouverture immédiate de concertations avec le gouvernement.

Longtemps resté silencieux sur l’absence de publication du décret convoquant le corps électoral, le FDR est finalement sorti de sa réserve à travers un communiqué rendu public ce mercredi 05 août 2026. Le Front affirme que les retards accumulés dans les différentes étapes du processus rendent difficile l’organisation des élections territoriales dans les conditions prévues par la loi.

Le FDR rappelle avoir alerté les autorités depuis plusieurs mois sur les risques pesant sur le respect du calendrier électoral. Il souligne qu’en réponse à une correspondance datée du 6 mars 2026, le ministre de l’Intérieur de l’époque avait assuré que le scrutin se tiendrait dans les délais légaux et que le président de la République disposait encore du temps nécessaire pour signer le décret convoquant le corps électoral.

Selon le regroupement de l’opposition, plusieurs échéances prévues par le Code électoral n’ont toutefois pas été respectées. Il cite notamment l’absence de révision des listes électorales, le retard dans la fixation du montant de la caution des candidats ainsi que l’absence de concertation préalable avec les acteurs politiques. Pour le FDR, ces manquements compromettent sérieusement le bon déroulement des élections avant la date limite du 17 janvier 2027 prévue par la loi.

Dans son communiqué, le Front dénonce ce qu’il qualifie d’« inertie probablement délibérée du gouvernement » et met en garde contre le risque d’une prolongation des mandats des exécutifs territoriaux en dehors du cadre légal. Il estime que cette situation crée une incertitude préjudiciable à la crédibilité du processus électoral et au fonctionnement des institutions locales.

Le FDR appelle ainsi le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à convoquer sans délai des concertations politiques réunissant le gouvernement, les partis politiques, la société civile et les autres forces vives de la Nation afin de trouver une issue consensuelle.

Cette demande soulève toutefois une interrogation d’ordre juridique. Si ces concertations devaient déboucher sur un report officiel des élections territoriales, une telle décision ne pourrait intervenir que dans le respect des procédures légales. Or, une modification du calendrier électoral nécessitant le report du scrutin relève de la compétence de l’Assemblée nationale, seule habilitée à adopter une loi autorisant un tel report.

À quelques mois de l’échéance électorale, le débat s’intensifie donc entre les partisans du respect strict du calendrier et ceux qui estiment qu’un dialogue politique est désormais indispensable pour préserver la crédibilité du processus. Les prochaines décisions des autorités seront déterminantes pour lever les incertitudes entourant l’organisation des élections territoriales.

TV-A

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