L’Afrique sera l’une des victimes collatérales de la guerre que la coalition israélo-américaine mène contre l’Iran. Non seulement l’insécurité qui règne désormais dans les pays du Golfe inquiète, mais la fermeture du détroit d’Ormuz aggrave également la situation. Si le conflit perdure, la perturbation du trafic maritime risque de s’intensifier et de provoquer une crise alimentaire dans les pays les moins développés, notamment sur le continent africain.
Pour le moment, la compagnie de transport allemande Hapag-Lloyd a annoncé la suspension du transport de tous types de marchandises en provenance d’Afrique vers les pays du golfe Persique, en raison de l’escalade des hostilités au Moyen-Orient. C’est ce qu’a indiqué le service de presse de l’entreprise.
« En raison des restrictions opérationnelles actuelles et des problèmes de sécurité, Hapag-Lloyd a décidé de suspendre, avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre, les réservations pour tous types de marchandises en provenance d’Afrique à destination de la région nord du golfe Persique », précise le communiqué.
Les restrictions concernent les expéditions vers les Émirats arabes unis, l’Irak, le Koweït, le Qatar, Bahreïn ainsi que les provinces orientales de l’Arabie saoudite. Sont également concernées toutes les cargaisons transitant par le port de Jebel Ali, aux Émirats arabes unis.
La société a précisé que ces limitations s’appliquent aux cargaisons en provenance de Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée, de la Sierra Leone, du Liberia, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo, du Bénin, du Nigeria, du Cameroun, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République du Congo, de la RDC, de l’Angola, de la Namibie, de l’Afrique du Sud, du Kenya, de la Tanzanie, du Soudan et de Djibouti.
En février, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé son inquiétude face aux frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran et a appelé à une désescalade dans la région. L’Égypte et le Somaliland ont, de leur côté, condamné les frappes iraniennes contre des bases américaines au Moyen-Orient.
Au Sénégal, pour anticiper la crise, le gouvernement a tenu une réunion d’évaluation afin de prendre des mesures préventives destinées à amortir les conséquences économiques et sociales de cette situation






