lun 2 Mar 2026

Bissau : alerte sur la vie de Domingos Simões Pereira

Le PAIGC a tiré la sonnette d’alarme sur la situation politique en Guinée-Bissau, dénonçant les méthodes du régime militaire en place. Après avoir annoncé la libération de plusieurs responsables politiques et diffusé des images à travers le monde, les autorités auraient discrètement modifié leur procédure en plaçant leur leader, Domingos Simões Pereira, en résidence surveillée.

En effet, la médiation réussie du général sénégalais Biram Diop, qui avait permis la sortie de prison de plusieurs hommes politiques, dont Domingos Simões Pereira et Fernando Dias da Costa, n’aurait été qu’un leurre, selon les partisans de l’opposition et sa famille. Dans une dénonciation publique, ces derniers affirment que la vie du président du PAIGC est désormais en danger. Les militaires sont accusés d’avoir expulsé la sécurité de la résidence du leader politique et l’ont remplacée par un groupe d’hommes armés et encagoulés, assimilés à des mercenaires, qui restreignent la liberté de circulation de toute sa famille. Selon ses proches, cette mesure aurait été ordonnée par le chef de l’armée, le général Horta Inta-a, auteur du coup d’État en Guinée-Bissau et actuellement à la tête du pays, aux côtés du Premier ministre Ilídio Vieira Té et du ministre des Affaires étrangères João Bernardo Vieira, tous membres du gouvernement issu du putsch. «Les fraudeurs militaires maintiennent Domingos Simões Pereira en résidence surveillée depuis le 30 janvier 2026, date à laquelle il a quitté les cellules de la deuxième brigade, où il a été détenu pendant plus de 60 jours sans mandat judiciaire. Sa sortie a été rendue possible grâce à l’intervention de la CEDEAO. La famille est profondément préoccupée et craint l’existence d’un plan visant à porter atteinte à l’intégrité physique du politicien», dénoncent ses partisans. Ils soulignent que «le transfert à la résidence ne constitue en aucun cas un rétablissement effectif de la liberté, puisqu’il reste sous surveillance armée permanente, avec des restrictions sévères imposées à tous les membres de la famille». Ces propos figurent dans un communiqué transmis à la presse nationale et internationale.

La famille de Domingos Simões Pereira, âgé de 62 ans, rappelle que la résolution du sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) du 14 décembre dernier prévoyait la protection des dirigeants politiques et exigeait la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus. Très remontée, la famille du leader du PAIGC estime que le régime militaire ne peut parler ni de libération, ni de détention, ni d’assignation à résidence, en l’absence totale de toute procédure judiciaire ayant justifié ces mesures. Il s’agirait donc, selon elle, d’un enlèvement pur et simple d’un opposant politique, dont le seul tort serait d’avoir des ambitions pour son pays. «Il est particulièrement alarmant que les mêmes responsables de cet enlèvement soient aujourd’hui présentés comme ses protecteurs, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à la garantie de son intégrité physique et psychologique», conclut la déclaration.

Pour rappel, Domingos Simões Pereira a été arrêté le 26 novembre 2026, au moment où les militaires ont pris le pouvoir par la force et annulé la publication des résultats de l’élection présidentielle, après la défaite du général Umaro Sissoco Embaló.

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