Il s’agit d’une nouvelle offensive des États-Unis en Afrique, où Washington cherche de plus en plus à consolider ses relations stratégiques. Le continent africain, longtemps considéré comme une chasse gardée de la France, est désormais devenu un terrain de rivalités entre les Américains et les Russes, et plus largement entre l’Occident d’un côté et les pays des BRICS de l’autre.
C’est dans ce contexte que le Kenya, désireux de diversifier ses relations internationales, a engagé des discussions approfondies avec les États-Unis. Le président William Ruto a annoncé la conclusion imminente d’un accord commercial bilatéral avec Washington. Son ministre du Commerce, Moses Kuria, doit se rendre prochainement aux États-Unis afin de finaliser les négociations.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de Nairobi visant à renforcer et diversifier ses partenariats économiques. Les discussions s’appuient sur le Partenariat stratégique États-Unis–Kenya sur le commerce et l’investissement (STIP), lancé en 2022. Ce cadre de coopération couvre des questions non tarifaires telles que l’agriculture, le commerce numérique, l’environnement, les droits des travailleurs et la facilitation des échanges, dans un contexte marqué par les incertitudes entourant l’avenir de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA, en français Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique).
Sur le plan commercial, le Kenya poursuit l’élargissement de son réseau d’accords, après la ratification de son partenariat économique avec l’Union européenne, la conclusion d’un accord avec les Émirats arabes unis, ainsi que des négociations avancées avec la Chine. Nairobi ambitionne ainsi de consolider sa position de hub économique régional.
Parallèlement, le président William Ruto plaide pour une réforme du financement de l’Union africaine. Il propose notamment le recours à des contributions obligatoires de l’ONU pour soutenir les opérations de paix africaines, au moment où le Kenya renforce son rôle diplomatique au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et du COMESA.






