lun 2 Mar 2026

Mali: Barrick prolongée de 10 ans à Loulo-Gounkoto

Le gouvernement du Mali a décidé de prolonger de dix ans la licence d’exploitation de la société canadienne Barrick Mining pour le site aurifère de Loulo-Gounkoto, situé dans la région de Kayes. La décision a été approuvée le 13 février par le Conseil des ministres, sur la base d’un rapport présenté par le ministre des Mines, Amadou Keita. Elle intervient à la veille de l’expiration de la licence initiale, accordée le 14 février 1996 pour une durée de trente ans.

Avec cette prolongation, l’entreprise confirme disposer de réserves rentables pour six années d’exploitation à ciel ouvert et seize années en exploitation souterraine. La production annuelle prévue est estimée à 420 000 onces d’or. Cette décision met fin à près de deux ans de fortes tensions entre Bamako et la société canadienne. Le conflit avait éclaté après l’adoption en 2023 d’un Code minier révisé qui renforce la fiscalité et la part de l’État dans les projets miniers. À la suite de ce différend, les exportations avaient été suspendues, le site avait été placé sous administration provisoire et environ trois tonnes d’or avaient été saisies. Barrick avait alors saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements, avant de retirer sa plainte après un accord conclu en novembre 2025. En échange, les autorités maliennes se sont engagées à restituer la gestion complète du site ainsi que les stocks d’or confisqués.

Le gisement est exploité par la Société des Mines de Loulo, détenue à 80 % par Barrick et à 20 % par l’État malien. Initialement limité à 48 km², le périmètre couvre désormais plus de 261 km² dans la région de Kénébou, après trois modifications successives.

Ces tensions ont eu un impact direct sur la production nationale. 3ième producteur d’or en Afrique, le Mali a vu sa production industrielle tomber à 42,2 tonnes en 2025, contre 54,8 tonnes en 2024, loin du record de 66,48 tonnes atteint en 2023. Le seul site de Loulo-Gounkoto n’a produit qu’environ 5,5 tonnes d’or en 2025, contre plus de 22 tonnes l’année précédente. Cette prolongation marque donc un tournant pour le secteur minier malien, qui cherche à relancer sa production tout en renforçant le contrôle de l’État sur ses ressources stratégiques.

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