Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, ne participera pas au Sommet mondial des gouvernements 2026 prévu aux Émirats arabes unis. Fragilisé sur le plan interne et sous pression en raison des accusations liées au conflit soudanais, le chef de l’État a décliné l’invitation officielle d’Abou Dhabi. Il sera toutefois représenté par son Premier ministre, Allamaye Halina, selon des sources proches de la présidence de la République. Ainsi Deby se livre à la France et tourne le dos aux mallettes émirati pour sauver sa peau dans le génocide de Al feshir.
Dans le cadre de la guerre au Soudan, Mahamat Idriss Déby est accusé d’avoir ouvert un corridor au profit des Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo, alias « Hemedti ». Ces forces sont mises en cause dans les massacres d’Al-Fashir, au Darfour, où plus de 2 000 civils auraient été tués en l’espace de 48 heures. Ces accusations ont suscité une vive émotion au niveau international et incriminent à la fois les milices paramilitaires soudanaises et les autorités tchadiennes, accusées de servir de zone de repli et de transit d’armes.
Cette alliance controversée aurait provoqué de fortes tensions au sein même du pouvoir tchadien, notamment au sein de l’armée, où plusieurs officiers seraient entrés en dissidence. Certains d’entre eux appartiennent à des communautés directement touchées par les exactions attribuées aux hommes de Dagalo.
Dans ce contexte de crise, le soutien des Émirats arabes unis, qui auraient apporté une aide financière conséquente à N’Djamena, semble perdre de son poids politique. Le président tchadien, qui affichait jusque-là un discours panafricaniste, serait désormais contraint de revoir sa stratégie diplomatique et de se rapprocher de la France afin de bénéficier d’un appui politique et sécuritaire.
Sur le dossier soudanais, la position de Paris apparaît plus proche de celle de l’Arabie saoudite, de l’Égypte ou de la Turquie, qui soutiennent le général Abdel Fattah al-Burhan face aux FSR. Cette orientation diplomatique s’inscrit dans la continuité de la ligne défendue par l’ancien président Idriss Déby Itno, père de l’actuel chef de l’État.
De son côté, la France a engagé une nouvelle opération de reconquête diplomatique afin de préserver ses intérêts, fortement menacés en Afrique surtout avec la présence russe. Paris déroulerait ainsi un agenda visant à consolider ses relations avec plusieurs nouveaux dirigeants africains, notamment Mahamat Idriss Déby au Tchad et Brice Clotaire Oligui Nguema au Gabon, en s’appuyant sur des intermédiaires influents de la sphère francophone, tels qu’Alassane Dramane Ouattara et Denis Sassou Nguesso. Ces derniers joueraient également un rôle de médiation auprès de nouveaux chefs d’État, dont Bassirou Diomaye Faye au Sénégal et Mamady Doumbouya en Guinée.






