lun 2 Mar 2026

Invitation de Tiani  à Algérie : la grande offensive diplomatique pour éviter l’isolement

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé, le 7 février 2026, avoir officiellement invité le président de la République du Niger, le général Abdourahamane Tiani, à effectuer une visite en Algérie.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales et de la concertation diplomatique entre les deux pays. Le Niger, l’un des pays les plus vastes d’Afrique de l’Ouest avec une superficie de 1 267 000 km², compte une population estimée à 27 millions d’habitants, composée à 87,1 % de jeunes de moins de 35 ans et à 52,1 % de femmes. Longtemps considéré comme l’un des pays les plus pauvres et dépourvu de ressources, le Niger connaît aujourd’hui une dynamique nouvelle.

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdourahamane Tiani, la reprise du contrôle de certaines des ressources stratégiques les plus convoitées au monde, notamment l’uranium, ainsi que le développement de l’exploitation du pétrole, du gaz et de l’or, positionnent désormais le pays parmi les nations les plus prometteuses de la région.

Si le président algérien a renforcé ses liens d’amitié avec le Niger, ce n’est pas uniquement en raison de ses richesses naturelles, mais également pour sa position géographique stratégique. En effet, l’Algérie traverse une période de tensions avec son voisin malien, notamment autour des accords d’Alger, qui prévoyaient une autonomie de la région de Kidal par rapport à Bamako. Ces accords ont constitué l’un des principaux points de désaccord entre les deux pays, pourtant historiquement liés par une coopération étroite.

Parrainés par la France et coordonnés par Alger, ces accords visaient, selon plusieurs critiques, une reconfiguration territoriale du Mali qui aurait pu conduire à une partition progressive du pays. Un scénario qui aurait permis à certaines puissances étrangères de bénéficier des ressources du bassin de Taoudéni, riche en or, en pétrole, en gaz et en eau douce.

Par ailleurs, Iyad Ag Ghali, figure emblématique de la rébellion touarègue, accusé d’avoir collaboré avec des groupes terroristes pour déstabiliser le Mali, aurait longtemps bénéficié du soutien d’Alger, servant ainsi de levier de pression sur les autorités maliennes. Durant le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), fragilisé par l’embargo sur l’achat d’armes, le Mali aurait subi, selon cette lecture, un chantage diplomatique de la part de la France et de l’Algérie.

L’arrivée au pouvoir du colonel Assimi Goïta a marqué un tournant. L’armée malienne a progressivement repris le contrôle de l’ensemble du territoire national, tandis que le président Tebboune continue de s’accrocher aux accords d’Alger. Dans cette logique, Alger est également accusée d’avoir instrumentalisé certaines figures religieuses et politiques, dont l’imam Mahmoud Dicko, acteur clé de la chute du régime IBK, ainsi qu’Iyad Ag Ghali. Pire Alger a abattu un drone malien poussant Bamako à saisir le conseil de sécurité de l’ONU.

Autrefois partenaire privilégié de l’Algérie, notamment durant la guerre de libération où le territoire malien servait de base de repli aux combattants algériens, le Mali est aujourd’hui en froid avec son voisin du nord. Confrontée à des tensions avec le Maroc à une détérioration de ses relations avec Bamako, l’Algérie cherche désormais à éviter l’isolement diplomatique.

C’est dans ce contexte qu’Alger étend son influence au Sahel. Abdourahamane Tiani pourrait ainsi jouer un rôle de médiateur, permettant à l’Algérie de maintenir des relations avec ses voisins et de préserver ses intérêts stratégiques communs. Dans cette offensive diplomatique visant à rompre l’isolement, le président Tebboune se voit contraint d’adopter une posture plus conciliante vis-à-vis de Niamey.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

articles connexes

Nous suivre

0FansJ'aime
150SuiveursSuivre
0SuiveursSuivre
3AbonnésS'abonner

Posts récents