Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se réunissent ce lundi 29 juin en sommet extraordinaire par visioconférence afin d’examiner l’évolution de la situation politique et sécuritaire à Madagascar. Prévue à 17 heures au Botswana (18 heures à Antananarivo), cette session sera présidée par le président sud-africain Cyril Ramaphosa, président en exercice de l’organisation régionale.
Selon un communiqué publié ce week-end, les discussions s’appuieront principalement sur le rapport présenté par l’Organe de la SADC chargé des questions de politique, de défense et de sécurité, qui suit de près l’évolution de la transition malgache depuis le changement de pouvoir intervenu en octobre 2025.
Il s’agit du deuxième sommet extraordinaire consacré à Madagascar depuis l’arrivée des militaires au pouvoir. Dès les premiers mois de la transition, les dirigeants de la SADC avaient mis en place un Comité des sages, dirigé par l’ancienne présidente du Malawi, Joyce Banda, avec pour mission d’évaluer la situation sur le terrain et de faciliter le dialogue entre les différents acteurs politiques.
Dans le cadre de ce processus, les autorités de transition malgaches avaient transmis, le 28 février dernier, un calendrier détaillé de la transition. Ce document prévoit l’organisation d’une concertation nationale, la révision du cadre juridique des élections, un référendum constitutionnel entre mai et juin 2027, avant la tenue d’une élection présidentielle programmée entre septembre et décembre de la même année.
Depuis la présentation de cette feuille de route, le mandat du Comité des sages a été renforcé. Au-delà de l’observation de la situation politique et sécuritaire, ses membres accompagnent désormais la mise en œuvre du calendrier de transition. Lors de leur troisième mission d’évaluation, effectuée en mai, les échanges ont notamment porté sur les besoins financiers liés à l’exécution de ce programme.
Le contexte politique a par ailleurs connu une évolution notable au début du mois de juin. Le 3 juin, le chef de l’État, le colonel Michaël Randrianirina, a confié au Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) la conduite du processus de concertation nationale. Cette initiative, qui marque une implication accrue des autorités religieuses dans la recherche d’un consensus politique, pourrait également figurer parmi les sujets abordés lors des échanges entre les dirigeants de la région.
Les conclusions de ce sommet sont particulièrement attendues à l’approche de la réunion ordinaire de la SADC prévue en août prochain en Afrique du Sud. Elles devraient permettre de préciser la position des États membres sur l’évolution de la transition à Madagascar et sur les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel, dans un contexte où la stabilité institutionnelle, le dialogue politique et le respect de l’État de droit demeurent au cœur des préoccupations régionales.
TV-A






