lun 17 Août 2026

Afrique du Sud: la tension monte à l’échéance d’un ultimatum visant les immigrés

Johannesburg – L’Afrique du Sud est placée sous haute surveillance ce mardi 30 juin, alors que les autorités ont déployé un important dispositif policier pour prévenir d’éventuels débordements liés à une campagne aux accents xénophobes. Depuis plusieurs semaines, cette mobilisation hostile aux immigrés a déjà contraint plus de 25 000 étrangers à quitter le pays, dans un climat de peur et d’insécurité.

À l’origine de cette montée des tensions figure un ultimatum lancé, en dehors de tout cadre légal, par plusieurs groupes citoyens organisés. Ces derniers exigent le départ des étrangers en situation irrégulière, les accusant notamment de priver les Sud-Africains d’emplois et de contrôler une partie du commerce de proximité.

À Johannesburg comme à Durban, principal foyer du mouvement, les rues étaient inhabituellement calmes mardi matin relate Boursorama. De nombreux commerces sont restés fermés et la circulation routière s’est fortement réduite, signe de l’inquiétude de la population face aux risques de violences.

Malgré un début de journée relativement paisible, des rassemblements de manifestants ont été observés dans plusieurs villes. Fidèles aux précédentes mobilisations, certains participants brandissaient des bâtons et des boucliers traditionnels zoulous.

« J’ai un peu voyagé en Afrique. Tous ces pays sont en difficulté, mais l’Afrique du Sud est l’Amérique de l’Afrique », a déclaré à l’AFP Selwyn Anderson, un retraité de 64 ans rencontré à Durban. Selon lui, les immigrés en situation irrégulière dominent désormais de nombreux petits commerces du pays.

Cette nouvelle vague de tensions ravive le souvenir des violences xénophobes qui avaient déjà frappé l’Afrique du Sud en 2008 et en 2015. Toutefois, l’ampleur des départs observés ces dernières semaines est sans précédent. Plus de 25 000 ressortissants originaires notamment du Malawi, du Zimbabwe, du Mozambique, du Nigeria, du Ghana et d’autres pays africains ont quitté le territoire, soit par leurs propres moyens, soit grâce à des bus ou des vols organisés par leurs gouvernements ou avec le soutien des autorités sud-africaines.

Le mouvement s’est déjà traduit par plusieurs incidents meurtriers. Quatre personnes ont perdu la vie — deux Mozambicains, un Éthiopien et un Malawite — tandis que plusieurs commerces appartenant à des étrangers ont été pillés.

Les organisateurs de la campagne anti-immigration ont d’ores et déjà annoncé leur intention de poursuivre leurs actions au-delà du 30 juin, laissant craindre une prolongation des tensions.

Selon les statistiques officielles, près de trois millions d’étrangers vivent actuellement en Afrique du Sud, soit environ 5,1 % de la population. Attirés par les perspectives économiques de la première puissance industrielle du continent, beaucoup occupent des emplois dans le commerce, les services ou les secteurs informels.

Pour plusieurs observateurs, la crise est également alimentée par les enjeux politiques à l’approche des élections municipales prévues le 4 novembre.

TV-A

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