jeu 16 Avr 2026

Algérie: la cheffe du gouvernement  Giorgia Meloni en visite à Alger dans un contexte de crise énergetique

La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, est attendue aujourd’hui à Alger. Annoncée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors d’un entretien avec la presse nationale algérienne, cette visite entre dans le cadre des échanges réguliers entre les deux pays. Toutefois, le déplacement de la cheffe du gouvernement italien explique le quotidien algérien, l’Express intervient dans un contexte énergétique mondial très particulier. La conjoncture actuelle laisse entrevoir un possible « réaménagement » du dialogue stratégique, dans la mesure où le choc pétrolier consécutif à la guerre en Iran pourrait être considéré comme prioritaire du point de vue de l’hôte de l’Algérie, écrit le journaliste Saïd Boucetta de L’Express. Quoi qu’il en soit, cette visite conforte les éléments qui fondent la spécificité de la coopération algéro-italienne. La mise en place de la connexion électrique Algérie-Europe, la finalisation du gazoduc transsaharien et le lancement effectif du SouthH2 Corridor prennent ainsi toute leur importance, s’imposant comme autant de projets majeurs et nécessaires.

Dans n contexte de crise énergétique mondiale due la guerre du Moyen Orient, toutes les solutions sont en étude pour prévenir une situation plus catastrophique. Avec le blocage du détroit d’Ormuz, l’Afrique reste la principale solution de l’Europe pour alimenter l’industrie

André TV-A (Express)

 Il reste, cependant, que le choc pétrolier annoncé n’occultera pas la densité d’un partenariat qui, à travers son importance, implique une partie de l’Europe et plusieurs pays d’Afrique. C’est dire l’importance prise par une coopération relancée il y a à peine 3 ans à l’occasion de la première visite de Meloni à Alger, en janvier 2023.
Un nouvel accord de fournitre de gaz algérien à l’Italie a été conclu. Un peu plus de 10 mois plus tard, l’usine Fiat voit le jour, suivi par un important investissement italien dans l’agriculture au sud du pays.
Dans le même temps, les discussions sur le SouthH2 Corridor débutent, avec l’association de l’Allemagne et l’Autriche. Alger affiche sa volonté d’aller au-delà d’une simple relation commerciale, d’impliquer Rome dans une démarche stratégique. L’Italie répond avec le Plan Mattei qui englobe l’ensemble du continent africain. Les deux pays consolident ainsi une vision commune qui prend en compte les intérêts des peuples de la région. Ce n’est pas une posture, mais bel et bien une politique cohérente assumée par les deux pays.
Au plan bilatéral, l’Algérie a conforté sa position de fournisseur important de gaz pour l’Italie. En 2025, ils ont atteint environ 20,1 milliards de mètres cubes (31% des besoins italiens), contre 21,1 milliards en 2024. Les autorités italiennes ne cachent pas un souhait d’être un hub énergétique européen, le gaz algérien et, bientôt nigérian, ainsi que l’hydrogène vert transitant par leur territoire. Cette équation qui intègre un transfert de technologie au profit de l’Algérie et un partenariat véritablement diversifié apporte au duo algéro-italien un surplus de crédibilité auprès des partenaires africains et européens.
Giorgia Meloni qui a plaidé auprès de Abdelmadjid Tebboune la création d’une chambre algéro-italienne de commerce et d’industrie, entend élargir le partenariat et le consolider durablement. Il est clair, en effet, que les opérateurs italiens sont très intéressés par une implantation en Algérie. Ces trois dernières années, près de 120 entreprises italiennes ont été recensées comme intéressées ou en phase d’investissement dans plusieurs filières industrielles.
L’engouement est certain et repose sur une conviction qui fait de l’Italie un État ami. Il a eu l’engagement d’Enrico Mattei, fondateur et dirigeant historique de l’ENI, pour l’indépendance de l’Algérie, et le soutien sans faille apporté à l’Algérie durant la décennie 1990. Une ligne de crédit, le maintien d’Alitalia auront été des actes courageux, dont l’Algérie avait besoin.
Cette solidarité, dont l’Italie aussi se revendique constitue le ciment d’un partenariat qui prend des allures certes économique, mais qui plonge ses racines dans un passé récent, mais également plusieurs fois millénaire. Rome et la Numidie ont guerroyé et commercé dans les temps lointains. Aujourd’hui, ils expriment ensemble la détermination de donner aux deux rives de la Méditerranée occidentale un autre souffle, une sorte de renaissance dans la paix et la prospérité.
Les ressources de l’Afrique du Nord, le savoir-faire européen et la volonté d’échanges sincères redessineront les rapports entre les nations de la région. La guerre en Iran et ses conséquences économiques mondiales est un facteur accélérateur d’une politique inédite dans l’Histoire récente de la Méditerranée occidentale.

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