Alger – Une nouvelle page de l’histoire politique de l’Algérie s’est ouverte avec l’élection de Khalida Boufedeche à la présidence de l’Assemblée populaire nationale (APN). Plus de soixante ans après l’indépendance du pays, elle devient la première femme à accéder au perchoir de la chambre basse du Parlement, un poste stratégique qui fait d’elle le troisième personnage de l’État, derrière le président de la République et le président du Conseil de la nation.
Élue avec 302 voix, Khalida Boufedeche succède à la tête de l’APN en devenant la 12ᵉ présidente de l’institution. Son accession à cette fonction met fin à une longue exception dans la vie politique algérienne, où aucune femme n’avait jusqu’ici dirigé l’Assemblée nationale.
Selon le journal Al Watan, cette élection constitue une avancée symbolique majeure pour la place des femmes dans les institutions algériennes. Depuis plusieurs années, celles-ci ont progressivement renforcé leur présence dans les assemblées élues et occupé diverses responsabilités au sein de l’État. Toutefois, la présidence de l’APN leur était restée inaccessible.
Ce progrès intervient pourtant dans un contexte contrasté. Les élections législatives du 2 juillet ont été marquées par un net recul de la représentation féminine. Sur les 407 députés composant la nouvelle Assemblée, seules 25 femmes ont été élues, soit une baisse significative par rapport aux précédentes législatures.
Cette diminution est notamment attribuée à la suppression du système de quotas qui garantissait auparavant une représentation plus importante des femmes au Parlement. Ainsi, alors que leur présence dans l’hémicycle s’est réduite, l’une d’entre elles accède pour la première fois à la présidence de l’institution.
Une élection portée par la majorité présidentielle
Médecin spécialiste en allergologie et immunologie clinique, Khalida Boufedeche dispose également d’un solide parcours politique au sein du Front de libération nationale (FLN), dont elle est militante depuis plus de vingt ans. Avant son entrée à l’Assemblée populaire nationale en 2026, elle a exercé plusieurs mandats locaux, notamment à l’Assemblée populaire communale de Bordj El Bahri puis à l’Assemblée populaire de wilaya d’Alger.
Le FLN, arrivé largement en tête des élections législatives, bénéficiait du soutien des partis de la majorité présidentielle ainsi que de plusieurs groupes parlementaires alliés. Réunis avant le scrutin, les représentants du FLN, du Rassemblement national démocratique (RND), du Front El Moustakbal, du Mouvement El Bina, de Sawt Echaâb, du Parti El Karama, du Front algérien nouveau et du groupe des indépendants ont officiellement annoncé leur soutien à sa candidature.
Dans ce contexte, l’issue du vote apparaissait largement acquise avant même l’ouverture de la séance.
TV-A avec al watan






