Soixante-cinq ans après les faits, le tribunal de première instance de Bruxelles a décidé d’ouvrir une procédure pénale contre l’ancien diplomate et fonctionnaire belge Étienne Davignon, soupçonné de participation à des crimes liés à l’assassinat du premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, Patrice Lumumba de son vrai nom Élias Okit’Asombo.
L’information a été annoncée par le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR), puis relayée par African Press Agency.
Âgé de 93 ans, M. Davignon est le seul Belge encore en vie soupçonné d’implication dans l’assassinat de Patrice Lumumba. Il est accusé de complicité d’assassinat, d’implication dans « la détention ou le transfert illicite » de M. Lumumba, ainsi que de « traitements dégradants et humiliants » infligés à la victime.
La famille Lumumba, et les avocats qui soutiennent son combat depuis le dépôt de plainte en 2011, ont salué « une décision historique ». Jamais un procès pénal n’a été organisé pour déterminer les responsabilités dans cet assassinat, qui constitue l’une des pages les plus sombres de la relation entre le Congo devenu indépendant en juin 1960 et son ancienne puissance coloniale, la Belgique. Cette décision est susceptible d’appel dans un délai de 15 jours, et un procès pourrait se tenir « au plus tôt en janvier » 2027, selon Christophe Marchand, un des conseils de la famille. d’ailleurs cette dernière a qualifié la décision du tribunal d’étape importante vers la reconnaissance des responsabilités liées aux crimes coloniaux. Elle a également souligné le caractère intergénérationnel de cette procédure : en janvier 2026, dix petits-enfants de l’ancien dirigeant congolais se sont joints à l’affaire en tant que parties civiles.
Patrice Lumumba fut le premier Premier ministre du Congo indépendant et l’un des leaders du mouvement national de libération face à la domination coloniale belge. Né dans le village d’Onalua, il a d’abord travaillé comme enseignant et employé des postes avant de s’engager en politique et de devenir une figure majeure du nationalisme congolais.
Après l’indépendance du pays en 1960, il a défendu l’unité et la souveraineté nationale. Mais il a rapidement été renversé, arrêté puis assassiné avec la complicité de forces belges et d’acteurs internes. Aujourd’hui encore, il est considéré comme l’un des symboles majeurs de la lutte anticoloniale et de l’unité africaine.
André TV-A
