La Guinée-Bissau a enregistré 52 cas d’assassinats ainsi que divers crimes et violations de nature différente, selon la Ligue guinéenne des droits de l’homme (LGDH). Dans un rapport de 181 pages publié ce mardi à Bissau, l’organisation indique qu’entre 2023 et 2025, 239 cas d’arrestations arbitraires, 93 atteintes à la liberté de la presse et 159 cas de torture ont été recensés.
Le rapport examine notamment la situation des droits civils et politiques, le fonctionnement du système judiciaire, la démocratie et l’État de droit.
Selon ce document, rédigé par la LGDH et repris par Bissau Online, les meurtres ont été enregistrés dans différentes régions du pays. La majorité des victimes sont des hommes, mais des femmes de différents groupes d’âge figurent également parmi les victimes. « Les cas se sont produits tant en milieu urbain que rural, démontrant l’étendue territoriale du phénomène», souligne le rapport.
Concernant les allégations de torture, la Ligue affirme que les actes ont tous eu lieu au ministère de l’Intérieur. L’organisation rappelle notamment l’arrestation de 93 militants, qui auraient été torturés dans ce département, à la suite de l’interdiction d’une manifestation pacifique organisée en mai 2024 par le Front populaire (FP).
S’agissant de la liberté de la presse et d’expression, le rapport fait état de 93 atteintes, dont 42 en 2025, 34 en 2024 et 17 en 2023. La LGDH dénonce également une « détérioration progressive » des conditions de travail et de la protection des journalistes. Sur deux ans, le régime d’Omarou Cissokho Mabllo aurait commis des crimes politiques, notamment par des actes de torture et des assassinats ciblés.
En ce qui concerne le secteur de la justice, le rapport pointe une « ingérence » du pouvoir politique, en particulier de la présidence de la République, ainsi que la fragilité des infrastructures judiciaires. Selon l’organisation, ces facteurs « mettent en danger les piliers de l’État de droit démocratique et de la démocratie constitutionnelle ».
Enfin, le document souligne qu’au cours des dernières années, le contrôle politique des institutions judiciaires en particulier la Cour suprême de justice (STJ) et le Conseil supérieur de la magistrature s’est renforcé.
André TV-A
