sam 6 Juin 2026

Bissau: le leader du PAIGC, Domingos Simões Pereira, entendu ce jeudi devant le tribunal militaire

Bissau, 4 juin – Le président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), Domingos Simões Pereira, principal dirigeant de l’opposition bissau-guinéenne, doit être entendu ce jeudi 4 juin par le tribunal militaire de Bissau dans le cadre d’une affaire de présumée tentative de coup d’État.

Arrêté par les autorités militaires au pouvoir, Domingos Simões Pereira fait face à des accusations portées par le commandement militaire, qui l’accuse d’avoir participé à un projet visant à renverser les autorités de transition actuellement en place.

Selon les éléments avancés par les autorités, les accusations reposent principalement sur les déclarations d’un citoyen civil qui, lors d’un témoignage public, a affirmé avoir été approché dans le cadre d’un projet de déstabilisation du régime. Ce dernier a toutefois déclaré que lui-même et un militaire auraient tenté d’obtenir un soutien financier auprès de Domingos Simões Pereira afin de mener un coup d’État contre le commandement militaire. Toujours selon son témoignage, le leader du PAIGC aurait refusé de financer une telle initiative, laquelle n’aurait finalement jamais été mise à exécution.

Plusieurs analystes politiques et juristes estiment néanmoins que cette procédure judiciaire ont des motivations politiques. Selon eux, les autorités militaires chercheraient à écarter durablement Domingos Simões Pereira de la vie politique nationale et à compromettre sa participation aux prochaines échéances électorales.

Cette affaire intervient dans un contexte politique particulièrement tendu en Guinée-Bissau. Empêché de se présenter à l’élection présidentielle de novembre 2025 par l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, Domingos Simões Pereira avait alors apporté son soutien au candidat indépendant Fernando Dias da Costa.

Selon plusieurs sources proches de l’opposition, Fernando Dias da Costa aurait remporté le premier tour du scrutin face au président sortant. Cependant, avant la proclamation officielle des résultats, des militaires alliés à Umaro Sissoco Embaló auraient investi le siège de la Commission électorale nationale, empêchant la publication des résultats et prenant le contrôle du pouvoir.

Quelques semaines plus tard, le général Horta Inta-a, considéré comme un proche allié de l’ancien président, a été désigné président de la transition, tandis qu’Ilídio Vieira Té, ancien directeur de campagne d’Umaro Sissoco Embaló dans la région de Biombo, a été nommé Premier ministre.

Des observateurs internationaux et plusieurs acteurs politiques contestent la version officielle des événements. Ils accusent l’ancien président Umaro Sissoco Embaló d’avoir refusé d’accepter sa défaite électorale et d’avoir utilisé l’argument d’une prétendue tentative de coup d’État pour faciliter la prise de pouvoir par les militaires.

Depuis l’installation du régime de transition, Fernando Dias da Costa ainsi que Domingos Simões Pereira dénoncent une campagne de persécutions politiques visant les principales figures de l’opposition.

L’audition prévue ce jeudi devant le tribunal militaire est suivie de près par les observateurs nationaux et internationaux, qui y voient un nouveau test pour l’état de droit et l’avenir du processus démocratique en Guinée-Bissau.

TV-A avec BissauOnline

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