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Candidature de Macky Sall à l’ONU: Diomaye est-il en phase avec les mohicans de la France-Afrique?

On en sait davantage sur le voyage du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye à Brazzaville, au Congo. Le chef de l’État sénégalais a rendu visite à son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso. Cette rencontre a permis aux deux dirigeants d’échanger sur plusieurs sujets, notamment les enjeux sécuritaires en Afrique, marqués par la montée du terrorisme, ainsi que sur des questions économiques. Mais au-delà de ces dossiers sensibles, un autre sujet aurait été abordé : celui du soutien éventuel à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Une candidature qui ne pourrait aboutir qu’avec l’engagement clair du président Diomaye Faye.

Toutefois, ce scénario soulève de nombreuses interrogations. En effet, l’ancien président du Sénégal est loin de faire l’unanimité en matière de gouvernance démocratique. Durant ses deux mandats (2012-2019-2024), Macky Sall s’est illustré par des pratiques largement critiquées : révisions controversées de la Constitution, organisation d’élections marquées par l’exclusion de figures majeures de l’opposition, notamment Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, et Khalifa Sall, ancien maire de Dakar, lors de la présidentielle de 2019. En 2024, le même schéma s’est répété avec l’éviction d’Ousmane Sonko, leader du parti PASTEF. Plus grave encore, Macky Sall a franchi un seuil inédit en tentant de reporter l’élection présidentielle afin de se maintenir au pouvoir, sous le prétexte d’un dialogue politique censé réintégrer les candidats qu’il avait lui-même exclus. Cette décision, sans précédent dans l’histoire démocratique du Sénégal, a conduit à la mort de quatre jeunes manifestants lors des protestations pour le respect du calendrier électoral.

Sans la mobilisation populaire et la pression internationale, notamment celle des États-Unis, Macky Sall aurait pu s’installer au pouvoir pour une durée indéterminée, à l’image de son homologue ivoirien Alassane Dramane Ouattara, accusé d’avoir violé la Constitution limitant le nombre de mandats présidentiels, et qui exerce aujourd’hui un quatrième mandat.

Si Bassirou Diomaye Faye venait à soutenir la candidature de Macky Sall à l’ONU, cela ne surprendrait pas certains observateurs. Depuis plus d’un an, le jeune président s’est rapproché de plusieurs figures politiques africaines issues de la vieille garde, souvent perçues comme peu exemplaires en matière de démocratie et symboles d’une Afrique alignée sur les intérêts français. Parmi elles figurent Denis Sassou Nguesso, Alassane Ouattara ou encore Omar Sissoco Embaló, ancien président de la Guinée-Bissau, accusé d’avoir simulé un coup d’État pour empêcher l’opposition d’accéder au pouvoir.

Ces nouvelles fréquentations inquiètent, surtout pour un président qui incarnait la rupture et portait une vision panafricaniste. En prônant une réconciliation sans conditions, Diomaye Faye risque de tourner le dos à sa promesse électorale de reddition des comptes, reléguant aux oubliettes les crimes et les violations des droits humains commis sous le régime précédent, notamment la mort de plus de 80 jeunes entre 2021 et 2024.

À la suite des informations relayées par les médias congolais, le défenseur des droits humains Seydi Gassama a vivement réagi. «Monsieur le Président Bassirou Diomaye Faye, si le Sénégal soutient la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU, vous aurez trahi la mémoire de plus de 65 Sénégalais tués par son régime, y compris les quatre victimes de sa décision de reporter l’élection présidentielle de février 2024. Sans le sacrifice de ces jeunes, dont les familles attendent toujours justice, vous ne seriez jamais devenu président de la République », a-t-il déclaré, rappelant que la paix, le développement et les droits humains constituent les piliers fondamentaux de l’ONU. Dans le même sillage, le député Guy Marius Sagna membr du parti PASTEF a dénoncé une option qu’il qualifie de cauchemar politique. «Le Sénégal ne peut pas soutenir la candidature de quelqu’un qui a encouragé l’assassinat de près de 100 Sénégalais et l’emprisonnement de milliers de détenus politiques. Ce serait pire qu’une trahison envers nos martyrs et un signal désastreux envoyé aux peuples qui luttent pour leurs libertés », a-t-il affirmé.

Au-delà même de l’issue d’une éventuelle candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU, le simple fait d’envisager un tel soutien poserait un sérieux problème de cohérence politique. Diomaye Faye aurait alors du mal à justifier, aux yeux de l’opinion publique, les crimes commis entre 2021 et 2024, que Macky Sall a lui-même reconnu assumer. À cela s’ajoute le dossier de la dette cachée, qualifiée par certains d’« crime économique » ayant plongé le Sénégal dans un surendettement de plus 113% du PIB faisant de ce pays l’un des pays les plus endetté de l’Afrique. Bentaleb Sow ministre conseiller auprès du président de la république Bassirou Diomaye Faye dément une telle information et soutient que c’est une spéculation des médias congolais. pour lui même en rêve un tel soutient est impossible.

Le rapprochement du président Diomaye avec la vieille garde politique pro-française apparaît ainsi de plus en plus inquiétant pour un chef d’État élu sur la promesse de la rupture. Ces mohicans tentent-ils de sauver un des leurs avec le soutien béni de la France pour porter la candidature de Macky Sall ?

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