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Candidature de Macky Sall à l’ONU: le lobbying du Burundi démasqué au sein de l’UA

La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies révèle l’ampleur des manœuvres au sein de l’Union africaine. À peine élu à la tête de l’organisation continentale, Évariste Ndayishimiye, président du Burundi depuis 2020, aurait tenté d’utiliser des procédés peu orthodoxes pour imposer la candidature de Macky Sall au nom de l’Union africaine tentant de tordre la main de ses homologues.

Dans cette affaire opaque, le président en exercice de l’UA, en fonction depuis seulement deux mois, a cru pouvoir berner ses homologues. Sans aucune concertation au sein de l’organisation, il est accusé d’avoir pris des décisions individuelles avec quelques membres de son cercle pour forcer cette candidature. Ainsi le 2 mars 2026, le représentant permanent du Burundi à New York a adressé une lettre au président de l’Assemblée générale des Nations unies, relayant la position de son chef d’État: «Mon gouvernement, actuel président de l’Union africaine, nomme Son Excellence Macky Sall, ancien président de la République du Sénégal, au poste de secrétaire général des Nations unies. »

Après avoir soumis cette candidature à New York, le président burundais a tenté de contraindre ses homologues africains à approuver ce qui est présenté comme une violation flagrante des procédures. En effet, il a convoqué le bureau de l’Union africaine auquel seuls deux autres membres ont participé et a décidé de soumettre une question aussi importante à une procédure de silence inhabituelle de 24 heures, dénonce  le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe. «Le président Ndayishimiye, au lieu de convoquer un sommet de l’UA pour discuter de la procédure, a choisi de ne donner à ses collègues chefs d’État et de gouvernement que 24 heures pour approuver, en gardant le silence, une décision exprimant un soutien ferme à la candidature de Macky Sall, ou pour la rejeter en rompant ce silence », a-t-il fustigé. Une telle démarche a été jugée inacceptable par plusieurs États membres, qui y ont vu un passage en force et un manque de respect. Et la conséquence fut sans appel car ils ont alors décidé de rompre le silence, bloquant ainsi la décision et rappelant que l’Union africaine est régie par des règles et des procédures.

Au-delà de la procédure, qui ressemble à un forcing, la candidature de Macky Sall apparaît presque indéfendable dans une institution internationale. Durant son magistère (2012-2024) au Sénégal, sa gouvernance a été marquée par des faits que le Sénégal, reconnu comme un pays stable, n’avait jamais connus.

En modifiant la Constitution et le code électoral, il a écarté ses adversaires politiques, notamment Karim Wade et Khalifa Ababacar Sall, lors de l’élection présidentielle de 2019. En 2024, alors qu’il envisageait de briguer un troisième mandat jugé anticonstitutionnel, il a également écarté celui qui était devenu le principal leader de l’opposition. La traque contre Ousmane Sonko et ses partisans a causé la mort de plus de 80 Sénégalais, ainsi que celle de deux sous-officiers supérieurs, Didier Badji et Fulbert Sambou. De nombreux commissariats de police et brigades de gendarmerie étaient devenus, selon plusieurs témoignages, des lieux de torture, laissant certaines victimes avec de lourdes séquelles, quand elles n’y ont pas perdu la vie. Les manifestations ont été violemment réprimées par les forces de défense et de sécurité, armées et tirant parfois à bout portant sur des manifestants.

Sur le plan économique, le président Macky Sall, qui avait hérité d’un pays avec un taux d’endettement d’environ 35 % laissé par son prédécesseur Abdoulaye Wade, a fortement accru la dette publique, dépassant les normes de l’UEMOA fixées à 75 % pour atteindre 119%. Par des procédés jugés opaques, il a contourné les circuits officiels, qui exigent l’autorisation de l’Assemblée nationale à travers le vote d’une loi de finances, pour contracter des dettes à l’insu du peuple.

Ainsi, plus de 7 000 milliards de francs CFA auraient été identifiés comme une dette cachée. Par ailleurs, les corps de contrôle (OFNAC, IGE, CENTIF, Cour des comptes) ont relevé des cas de mauvaise gestion d’une ampleur considérable. À titre d’exemple, un rapport a mis en cause son fils, Amadou Sall, à qui un terrain aurait été attribué puis revendu à près de 10 milliards de francs CFA au centre de Dakar.

André TV-A

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