Ceuta (Espagne) – Le président de l’enclave espagnole de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a lancé mercredi un appel pressant au gouvernement espagnol, dénonçant une situation humanitaire qu’il qualifie d’« absolument insoutenable » après les arrivées massives de migrants enregistrées la semaine dernière.
Selon le dirigeant du Parti populaire (PP), environ 1 100 mineurs non accompagnés sont actuellement pris en charge dans la ville autonome. Les structures d’accueil fonctionnent bien au-delà de leurs capacités, avec un taux d’occupation dépassant de 2 600 % leur seuil critique.
« Nous allons continuer à protéger les mineurs, mais nous vivons une situation absolument limite », a déclaré Juan Jesús Vivas lors d’une intervention sur la télévision publique TVE.
Le président de Ceuta a assuré que son administration continuerait d’appliquer le décret-loi prévoyant la répartition des mineurs non accompagnés entre les différentes communautés autonomes espagnoles. Il estime toutefois que ce mécanisme est désormais insuffisant face à l’ampleur exceptionnelle des arrivées.
De son côté, le vice-président du gouvernement espagnol, Carlos Cuerpo, a exhorté les régions à faire preuve de « solidarité » dans l’accueil des mineurs. Il a également indiqué espérer ne pas avoir à recourir à la justice pour faire respecter les dispositions légales relatives à leur répartition.
Au-delà de la prise en charge des mineurs, Juan Jesús Vivas affirme qu’environ 6 000 migrants se trouveraient encore à Ceuta sans avoir été officiellement identifiés. Il a dénoncé un manque de moyens de l’État, affirmant avoir alerté les autorités de Madrid avant le début des arrivées massives.
Le responsable local a également mis en cause la coopération des autorités marocaines, qualifiant le Maroc de pays « non fiable ». À ce stade, Rabat n’a pas réagi publiquement à ces déclarations.
Sur le plan judiciaire, la juge de l’Audience nationale, María Tardón, a demandé à la Guardia Civil de lui transmettre un rapport détaillé sur son intervention des 30 et 31 juillet, ainsi que sur les éventuels renseignements reçus avant les arrivées de migrants.
Le gouvernement espagnol défend pour sa part son action, estimant que les mesures prises ont permis de préserver l’intégrité de l’espace Schengen. L’exécutif affirme toutefois ne pas avoir disposé d’informations permettant d’anticiper l’ampleur de cette nouvelle vague migratoire.
La tension reste vive à Ceuta, où les autorités demeurent en état d’alerte après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’un nouvel appel invitant des migrants à tenter de rejoindre l’enclave le 15 août.
TV-A avec aa.com






