La Fédération sénégalaise de football compte casser la décision prise par le jury d’appel, deux mois après la finale de la Coupe d’Afrique, une décision qui étonne le monde sportif. En décidant de retirer le trophée, la CAF a pris une mesure jamais connue dans le monde du football, ce qui fait de la Confédération la risée de nombreux observateurs.
Fort de cela, le Sénégal a vivement contesté cette décision dont le fondement violerait les articles 84 des règlements. Dans un communiqué publié tard dans la nuit, la FSF conteste formellement cette décision qu’elle juge infondée en droit, arbitraire et manifestement disproportionnée. Selon elle, il s’agit d’une violation des Lois du Jeu (IFAB) et du principe de la souveraineté de l’arbitre. «La Commission d’appel invoque l’article 84 du règlement de la CAF pour justifier un “abandon”. Or, conformément à la Loi 5 de l’IFAB, l’arbitre de la rencontre a exercé son pouvoir discrétionnaire en optant pour une suspension temporaire et non pour un arrêt définitif. Le match a repris, le penalty a été tiré et le résultat a été acquis au terme des prolongations. En requalifiant a posteriori un incident de jeu résolu sur le terrain en “forfait”, la CAF viole la doctrine constante du TAS sur la souveraineté de l’arbitre (Field of Play Doctrine) », dénonce la Fédération sénégalaise de football.
D’ailleurs, constate la FSF, il existe une erreur manifeste de qualification juridique, car l’application de l’article 84 serait abusive. « Un abandon suppose une rupture définitive de la compétition. Le retour des joueurs sénégalais sur la pelouse et la validation de la fin du match par l’arbitre rendent l’article 84 inapplicable. Le résultat ayant été homologué et le trophée remis officiellement, la sécurité juridique de la compétition est gravement compromise par ce revirement », lit-on dans le communiqué.
Le retrait d’un titre continental pour un arrêt de jeu de 15 minutes, alors que l’équité sportive a été respectée par la reprise du jeu, constitue une sanction ultra vires au regard de la jurisprudence du TAS, notamment dans l’affaire TAS 2013/A/3139.
Fort de ce constat, la FSF met en demeure la CAF de suspendre l’exécution de cette décision et de geler toute procédure de remise du trophée au Maroc dans l’attente d’un arbitrage définitif. Elle promet également de saisir, dans un délai de 48 heures, le Tribunal arbitral du sport (TAS) afin de faire valoir ses droits.
André TV-A
