L’épidémie d’Ebola provoquée par la souche rare Bundibugyo a franchi un seuil dramatique en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Selon le dernier bilan publié mercredi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la maladie a fait 1 001 morts et infecté près de 2 500 personnes dans les deux pays.
Depuis la déclaration officielle de l’épidémie, le 15 mai, la RDC a enregistré 2 473 cas confirmés et 999 décès, tandis que l’Ouganda recense 20 contaminations et deux décès. Si aucun patient n’est actuellement pris en charge sur le territoire ougandais, les autorités sanitaires devront attendre plusieurs semaines sans nouvelle contamination avant de pouvoir déclarer officiellement la fin de l’épidémie.
L’Ituri demeure l’épicentre de la crise
La province de l’Ituri, dans le nord-est de la RDC, reste de loin la zone la plus touchée. Elle concentre à elle seule 89,1 % des cas confirmés et 83,9 % des décès liés au virus. La ville de Bunia, chef-lieu de cette province frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, demeure le principal foyer de transmission.
L’OMS s’inquiète de la persistance de la circulation du virus dans plusieurs zones difficiles d’accès. « L’épidémie conserve une longueur d’avance sur nous », a déclaré mardi Thierno Baldé, responsable de la gestion de l’incident pour l’OMS en RDC. Selon lui, l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être supérieure aux chiffres officiellement recensés.
Outre l’Ituri, le virus continue de circuler dans quatre autres provinces, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où l’insécurité liée à la présence du groupe armé M23 complique les opérations de surveillance, de prise en charge et de riposte sanitaire.
Cette flambée constitue la 17ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée en RDC, mais la première causée par la souche Bundibugyo, contre laquelle aucun vaccin ni traitement n’est encore homologué.
Face à cette situation, plusieurs initiatives scientifiques ont été lancées. Début juillet, un essai clinique a démarré afin d’évaluer l’efficacité de deux traitements expérimentaux : l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir. Parallèlement, l’OMS a autorisé en urgence le premier test moléculaire spécifiquement conçu pour détecter cette variante du virus.
Le virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. Il peut provoquer une fièvre hémorragique sévère dont le taux de mortalité demeure particulièrement élevé en l’absence d’une prise en charge rapide.
En un demi-siècle, Ebola a causé plus de 15 000 décès sur le continent africain. En RDC, la précédente épidémie majeure, survenue entre 2018 et 2020, avait entraîné près de 2 300 morts sur environ 3 500 cas, faisant d’elle l’une des plus meurtrières de l’histoire du pays.
Alors que les efforts de riposte se poursuivent, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux redoublent d’efforts pour contenir la propagation de cette nouvelle souche, dans un contexte marqué par l’insécurité et les difficultés d’accès aux populations les plus exposées.
TV-A avec aa.com
