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Éducation et intelligence artificielle : quatre pays africains (Sénégal, Bénin, Burundi et Côte d’Ivoire) réunis au Sénégal pour bâtir les compétences de demain

Saly, 16 juin 2026 – La ville de Saly (situé à 100 km au sud-ouest de Dakar) a accueilli, ce mardi 16 juin 2026, l’atelier régional d’élaboration de référentiels de compétences en intelligence artificielle (IA) pour l’éducation et la traduction de ressources numériques. Organisée par l’UNESCO et le Centre GPE KIX Afrique 21, en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale du Sénégal, cette rencontre a réuni des représentants du Bénin, du Burundi, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, ainsi que des experts, chercheurs, enseignants, décideurs et partenaires techniques engagés dans la transformation numérique des systèmes éducatifs africains.

L’objectif de cet atelier est de définir un cadre commun de compétences en intelligence artificielle destiné aux enseignants et aux apprenants, tout en favorisant l’adaptation et la traduction de ressources numériques dans les langues nationales afin de renforcer l’accessibilité et l’inclusion éducative.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Éducation nationale du Sénégal, Moustapha Guirassy, a souligné l’importance stratégique de cette initiative dans un contexte marqué par les profondes mutations technologiques qui touchent les systèmes éducatifs à travers le monde. «L’enjeu aujourd’hui est de poursuivre les efforts engagés par de nombreux acteurs africains pour transformer durablement l’école et les systèmes éducatifs », a-t-il déclaré. Selon lui, la modernisation de l’éducation passe nécessairement par l’intégration de l’intelligence artificielle, mais également par la promotion de valeurs essentielles telles que l’intégrité, l’inclusion et l’accompagnement des apprenants.

Le ministre a insisté sur la nécessité de développer rapidement de nouvelles compétences chez les enseignants et les élèves afin de répondre aux exigences du monde numérique. Toutefois, il a rappelé que la question ne saurait être uniquement technique. «Au-delà des compétences technologiques, nous devons renforcer des qualités humaines fondamentales comme l’éthique, la créativité, la liberté de pensée et l’esprit critique », a-t-il affirmé.

L’un des points centraux de son intervention a porté sur la question de la souveraineté numérique et cognitive. Pour Moustapha Guirassy, la maîtrise des données constitue aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour les États africains. « Les données sont devenues une richesse. Si nous ne maîtrisons pas nos données et les outils qui les exploitent, nous risquons de subir une nouvelle forme de colonisation, une colonisation qui agirait sur les esprits, les représentations et les modes de pensée », a-t-il averti.

Face à cette réalité, le ministre estime que l’Afrique doit développer ses propres capacités numériques tout en préservant son autonomie intellectuelle. Il a notamment souligné que les jeunes générations, déjà familiarisées avec les technologies numériques, doivent être accompagnées afin que leur intelligence naturelle puisse guider et encadrer les usages de l’intelligence artificielle. « Nous n’avons plus le choix. L’enfant a changé, l’école a changé et les outils d’apprentissage ont changé. Nous devons nous adapter à cette nouvelle réalité », a-t-il déclaré.

Le ministre a également mis en avant le rôle déterminant que peut jouer le numérique dans la promotion des langues nationales. Selon lui, l’intégration des langues africaines dans les ressources éducatives numériques représente un levier essentiel pour renforcer la souveraineté culturelle et cognitive des pays du continent. « Assumer nos langues, c’est également assumer notre souveraineté cognitive et culturelle », a-t-il souligné.

Au cours des échanges, les participants ont partagé leurs expériences respectives sur l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’éducation, les innovations pédagogiques en cours, les défis liés à la formation des enseignants ainsi que les perspectives de coopération régionale.

Moustapha Guirassy a également plaidé pour une réflexion approfondie sur les enjeux éthiques liés au développement rapide de l’intelligence artificielle. Il a appelé chaque pays à se doter d’une charte nationale encadrant l’utilisation de ces technologies, tout en encourageant l’élaboration de principes communs à l’échelle internationale.

À travers cet atelier régional, les pays participants entendent poser les bases d’une vision commune de l’intelligence artificielle au service de l’éducation, fondée sur l’innovation, l’inclusion, l’éthique et la souveraineté numérique. Une démarche qui pourrait contribuer à préparer les générations futures aux défis d’un monde de plus en plus façonné par les technologies intelligentes.

TV-A

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