Une large partie des Américains n’adhère pas à la politique migratoire de l’administration Trump. Depuis la mort par balle, le 7 janvier dernier, de René-Nicole Goude, tuée par un agent de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, la police de l’immigration), la situation sur le terrain ne cesse de se tendre. Face aux manifestants de Minneapolis, qui dénoncent la violence des agents fédéraux, le président américain menace de déployer l’armée. « Si les politiciens corrompus du Minnesota n’empêchent pas les agitateurs et insurrectionnels professionnels d’attaquer les patriotes de l’ICE qui ne font que leur travail, j’invoquerai la loi sur l’insurrection et je mettrai rapidement fin à la mascarade qui se déroule dans cet État autrefois si glorieux», a déclaré Donald Trump.
Depuis plusieurs jours, des centaines de personnes manifestent contre les agents de l’immigration, désormais susceptibles d’être soutenus par l’armée. Après la mort de René-Nicole Goude, une femme abattue par un agent de l’ICE, un migrant vénézuélien a à son tour été touché à la jambe mercredi soir. Selon le ministère de la Sécurité intérieure, l’homme se serait montré menaçant, et l’agent aurait agi en état de légitime défense.
Pour le gouvernement fédéral américain, «chaque action des agents de l’immigration est conforme à la loi et aux protocoles en vigueur depuis des années». Pourtant, les autorités démocrates du Minnesota accusent le pouvoir fédéral de semer le chaos dans cet État du Midwest. Entre 2 000 et 3 000 agents fédéraux armés y ont été déployés.
Selon plusieurs témoignages et organisations locales, les méthodes de l’ICE seraient discriminatoires sur le plan racial, visant principalement les personnes de couleur (Latinos, Noirs, Arabes et Chinois). Armés, masqués et insuffisamment formés, des agents procèderaient à des opérations de porte-à-porte, demandant aux habitants d’indiquer où vivent leurs voisins issus de minorités. Des contrôles d’identité arbitraires seraient menés, y compris contre des citoyens américains, avec exigence de présentation de papiers. Ce qui se joue aujourd’hui à Minneapolis dépasse largement une crise locale, dénoncent les autorités locales.
« Quand un président menace d’envoyer l’armée contre des manifestants, quand des agents fédéraux lourdement armés patrouillent des quartiers entiers, la question n’est plus seulement sécuritaire, elle devient démocratique. »
