La lutte contre le trafic de migrants s’intensifie dans la Corne de l’Afrique, une région considérée comme un important couloir de passage pour des milliers de candidats à l’exil vers l’Europe ou les pays du Golfe.
Dans ce cadre, 22 personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans un vaste réseau de trafic d’êtres humains ayant fait près de 1 800 victimes, a annoncé la police éthiopienne le mardi 27 janvier.
Selon les autorités, le réseau promettait aux migrants un passage vers l’Europe ou les pays du Golfe, en leur faisant miroiter une vie meilleure. En réalité, les victimes étaient acheminées notamment via la Libye, où elles étaient séquestrées dans des entrepôts, privées de conditions de vie décentes et soumises à de graves violences.
Le bilan humain est lourd : deux morts ont été confirmés et quinze personnes sont portées disparues, tandis que plus de 2,16 milliards de birrs (environ 11,5 millions d’euros) auraient été détournés par les trafiquants. Les migrants étaient contraints d’appeler leurs familles afin d’exiger le paiement de rançons, restant otages jusqu’au versement des sommes demandées.
L’Éthiopie demeure l’un des principaux pays de départ de migrants en Afrique de l’Est, en raison notamment de la pauvreté, du chômage et des conflits armés persistants. Outre la route libyenne, de nombreux migrants empruntent la route de l’Est vers le Yémen, devenue de plus en plus meurtrière, avec au moins 890 morts ou disparus entre janvier et septembre 2025, soit deux fois plus que l’année précédente. Face à l’ampleur du phénomène, les autorités affichent une ligne dure. Cinq personnes ont récemment été condamnées à mort pour trafic d’êtres humains, une peine rarement appliquée, mais qui illustre la volonté officielle de démanteler ces réseaux criminels.
