lun 17 Août 2026

Face à la xénophobie, l’Afrique du Sud plaide pour une concertation continentale sur la migration

Pretoria – Confrontée à une recrudescence des actes de xénophobie visant des ressortissants étrangers, l’Afrique du Sud appelle désormais à une réponse continentale à la question migratoire. Le gouvernement sud-africain estime que les défis liés aux mouvements de population en Afrique ne peuvent être considérés comme un problème propre à son territoire, mais nécessitent une réflexion collective impliquant l’ensemble des États africains.

Ces dernières années, le pays a été le théâtre de plusieurs vagues de violences contre des migrants. Des étrangers, principalement originaires d’autres pays africains, ont été victimes d’agressions, de passages à tabac, d’intimidations et d’expulsions de certains quartiers. Ces actes de xénophobie, largement condamnés par la communauté internationale, ont également provoqué des tensions diplomatiques entre Pretoria et plusieurs États africains dont les ressortissants vivent en Afrique du Sud.

Dans ce contexte, le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, a défendu la position de son gouvernement lors d’un point de presse consacré aux préparatifs du 46ᵉ Sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), prévu les 16 et 17 août à Durban.

Selon lui, la migration est un enjeu continental qui exige une approche concertée afin de s’attaquer à ses causes profondes, notamment les conflits, les difficultés économiques, les inégalités de développement et le manque d’opportunités dans plusieurs pays africains. «Ce n’est pas un phénomène propre à l’Afrique du Sud. Ce que nous contestons, c’est le fait de l’isoler et d’en faire un problème exclusivement sud-africain, notamment à travers l’initiative du Ghana. Comme nous sommes l’un des principaux pays d’accueil de migrants en Afrique, nous sommes naturellement davantage au centre des discussions », a déclaré Ronald Lamola.

Le chef de la diplomatie sud-africaine a également rejeté toute tentative de faire de son pays le seul sujet des débats sur les tensions migratoires. À l’approche du sommet de la SADC, il a estimé qu’inscrire uniquement la «xénophobie en Afrique du Sud» à l’ordre du jour reviendrait à placer Pretoria sur le banc des accusés, alors que les défis migratoires concernent l’ensemble du continent.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les autorités sud-africaines sont régulièrement interpellées sur leur capacité à protéger les migrants et à lutter contre les violences xénophobes. Si Pretoria reconnaît les tensions liées à l’immigration, elle insiste sur la nécessité d’une coopération régionale et continentale pour élaborer des solutions durables, conciliant sécurité, développement et libre circulation des personnes.

TV-A

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