lun 27 Avr 2026

Forum sur la paix de Dakar : le président Diomaye appelle les Africains à prendre leur destin en main

Ce lundi à Dakar, le président du Sénégal a ouvert, en présence de ses homologues Julius Maada Bio, président en exercice de la CEDEAO, et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, la dixième édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

Dans un monde de 2026 bouleversé dans ses équilibres et rappelant, à travers les conflits qui blessent les consciences, la persistance de la barbarie, l’Afrique doit penser sa sécurité par elle-même et ne plus en déléguer la définition à d’autres, a soutenu le chef de l’État sénégalais. «Notre continent n’est ni protégé, ni résigné. Il lui revient désormais de gouverner ses ressources plutôt que d’en être seulement la source, de financer ses propres forces plutôt que d’en attendre la garantie, d’investir dans sa jeunesse avant que d’autres ne s’en saisissent. La souveraineté, à cet âge du monde, n’est plus une revendication ; elle est une discipline », a déclaré le président sur sa page Facebook.

Ainsi, le président Bassirou Diomaye Faye a appelé le continent africain à rompre avec une posture qu’il juge intenable, celle d’un continent objet des compétitions extérieures plutôt qu’acteur de son propre destin. «L’Afrique ne doit plus se contenter d’être le théâtre des convoitises entre grandes puissances, ni des rivalités énergétiques et minières », a-t-il fait savoir.

Dans un contexte marqué par l’intensification des compétitions géostratégiques autour des ressources africaines  minerais critiques, pétrole, gaz, uranium, le chef de l’État a exhorté le continent à « s’ériger en acteur dynamique et à part entière, et à assumer clairement sa souveraineté ».

Cette souveraineté, il la conçoit comme pluridimensionnelle : stratégique, économique, monétaire et numérique. Elle passe, selon lui, par une transformation des ressources naturelles sur le sol africain, ce qui exige le développement du secteur secondaire, c’est-à-dire l’industrialisation, plutôt que leur exportation à l’état brut. «Transformer chez nous et vendre à un prix plus juste », a-t-il résumé, présentant cette orientation comme le moteur d’une transformation structurelle du continent.

Le président Faye a également dénoncé le fait que l’agenda sécuritaire africain soit encore trop souvent défini depuis l’extérieur et que l’espace stratégique du continent soit, selon ses termes, « occupé sans consentement ». Un constat formulé sans désigner nommément de partenaires, mais dont la portée s’adresse autant aux puissances traditionnelles qu’aux nouveaux acteurs en quête d’influence.

Pour sa part, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, invité d’honneur de cette 10e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, a estimé qu’il existe trois dimensions indissociables : la stabilité, l’intégration et la souveraineté. D’emblée, il a posé le cadre de sa réflexion : il ne s’agit plus de dresser un état des lieux, un travail déjà largement accompli selon lui, mais bien d’identifier des solutions concrètes pour bâtir « une Afrique stable, intégrée et souveraine ». Sur la stabilité, le président mauritanien a insisté sur les fractures sociales, les tensions identitaires, le déficit de gouvernance, les ruptures institutionnelles et l’expansion des groupes armés non étatiques. Il a appelé à une réponse collective pour surmonter ces difficultés qui minent le continent depuis de nombreuses années.

André TV-A

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