À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, le gouvernement français renforce son dispositif de lutte contre les ingérences étrangères. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé mercredi un durcissement des mesures destinées à protéger le processus électoral, après des révélations sur une campagne de désinformation attribuée à des réseaux pro-russes visant notamment Gabriel Attal, président de Renaissance et candidat déclaré à l’élection présidentielle.
Dans un message publié sur le réseau social X en réponse à Jean-Luc Mélenchon, le chef du gouvernement a assuré que « la lutte contre les ingérences étrangères et la protection de notre cadre démocratique sont une priorité pour le Gouvernement ».
Sébastien Lecornu a rappelé avoir réuni les responsables des principales formations politiques à Matignon en juin dernier afin d’échanger sur les risques d’ingérence dans le scrutin présidentiel. Il leur avait alors demandé de formuler des propositions pour renforcer la protection de la campagne électorale, précisant que toutes les formations n’avaient pas encore transmis leurs contributions.
Le Premier ministre a affirmé que le dispositif de détection des opérations d’influence mis en place par les autorités produisait déjà des résultats. Selon lui, plusieurs tentatives d’ingérence visant différents candidats ont été identifiées ces derniers mois et les personnalités concernées en ont été immédiatement informées.
Dans ce contexte, le gouvernement a présenté en Conseil des ministres un projet de loi visant à renforcer l’arsenal juridique contre les manipulations de l’information en période électorale. Le texte prévoit notamment de tripler les peines encourues pour la production et la diffusion de faux contenus destinés à influencer le vote.
Sébastien Lecornu a également annoncé la création d’un protocole de transmission automatique des cas d’ingérence détectés aux partis politiques concernés ainsi qu’aux services compétents. Les échanges engagés avec les formations politiques reprendront à la rentrée afin de poursuivre les travaux sur la sécurisation du processus électoral.
Cette prise de position intervient après un message publié sur X par Jean-Luc Mélenchon. Le leader de La France insoumise (LFI) y affirmait que Gabriel Attal faisait l’objet d’une opération d’ingérence russe, qualifiant cette situation d’« insupportable ». Il a renouvelé sa proposition de constituer un « front commun des candidats contre les ingérences déstabilisant la campagne présidentielle » et a demandé au Premier ministre de convoquer une nouvelle réunion des partis politiques sur ce sujet.
Jeudi matin, invité de RTL, Gabriel Attal a directement accusé Moscou de chercher à peser sur le scrutin présidentiel de 2027.
« La Russie veut voler l’élection présidentielle aux Français en les empêchant de faire un choix éclairé », a déclaré l’ancien Premier ministre, estimant que cette nouvelle tentative d’influence n’avait « rien de surprenant ».
TV-A
