Paris – La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé mercredi sa démission du gouvernement, estimant que les conditions nécessaires à la poursuite de son action en faveur de l’environnement n’étaient plus réunies. Dans une lettre publiée sur son compte LinkedIn, elle affirme ne plus disposer « des moyens » de mener à bien sa mission.
Monique Barbut précise avoir informé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, de sa décision dès mardi, avant de remettre officiellement sa démission au président de la République, Emmanuel Macron, ce mercredi, selon des informations rapportées par l’agence de presse Anadolu.
Au cœur de cette décision figure le rétablissement, par le Sénat, d’une disposition autorisant à nouveau l’utilisation de l’acétamipride, un pesticide interdit en France depuis 2016, dans le cadre de l’examen du projet de loi agricole.
Dans sa lettre, la ministre explique qu’un compromis avait été trouvé avec la ministre de l’Agriculture afin de concilier les attentes du monde agricole et les exigences de la transition écologique. Elle estime toutefois que cet équilibre a été remis en cause au cours des débats parlementaires.
Selon Monique Barbut, il lui avait été assuré que la réintroduction de ce pesticide entraînerait l’abandon de cette disposition. Elle regrette cependant que le gouvernement ait finalement empêché le débat sur sa suppression, qualifiant cette évolution de « recul environnemental de trop », tant sur le fond que sur la méthode.
La ministre rappelle que l’interdiction de l’acétamipride reposait sur le principe de précaution, fondé sur les avis scientifiques disponibles, notamment ceux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Elle souligne que les études publiées depuis continuent de susciter des interrogations quant aux effets potentiels de cette substance sur la santé humaine et l’environnement.
« Les moyens d’agir ne sont plus réunis »
Dans son courrier, Monique Barbut affirme avoir accepté ses fonctions avec la volonté de faire progresser les politiques environnementales de manière concrète, « sans effet d’annonce », tout en limitant les reculs en matière de protection de l’environnement.
Elle considère désormais que les forces opposées à cette ambition sont devenues « si puissantes » qu’elles ne lui permettent plus de remplir efficacement son mandat.
Au terme de neuf mois passés au gouvernement, la ministre met en avant les combats qu’elle dit avoir menés pour la protection des forêts, de l’eau, de l’air, des sols et de la biodiversité, estimant que les conditions politiques ne lui permettent plus de poursuivre cette action.
TV-A avec aa.com






