Le Traité de l’Alliance atlantique ne tient plus qu’à un fil tant les tensions s’intensifient entre les alliés d’hier, devenus aujourd’hui de véritables adversaires et peut-être demain des ennemis si aucune des parties ne recule.
À l’origine de cette crispation : les États-Unis, principal contributeur de l’OTAN, dont le président Donald Trump menace ouvertement d’annexer un territoire danois, le Groenland.
Cette déclaration considérée comme casus belli a poussé l’Union européenne à faire front commun, face à ce qu’elle considère comme des ambitions insatiables de Washington. En réaction à la résistance européenne, Donald Trump a brandi l’arme économique en annonçant une hausse des droits de douane dès le mois de février prochain. Réponse du berger à bergère, a son tour l’UE monte au créneau et brandit aussi une menace économque.
Désormais, cette riposte pourrait concerner un pactole estimé à 93 milliards d’euros, sous forme de droits de douane imposés par l’Union européenne sur les produits américains. Bruxelles envisage en effet des représailles économiques massives, allant de l’automobile à la volaille, avec des taux pouvant atteindre 30 %. Mais ce n’est pas tout. Les Européens envisagent également d’activer l’Instrument anti-coercition (IAC), surnommé le « bazooka commercial ». Adopté en 2023 mais jamais utilisé jusqu’à présent, cet outil permettrait d’exclure les entreprises américaines des appels d’offres publics européens, de restreindre leur accès au marché unique et de limiter les investissements directs venus des États-Unis.
Face à l’escalade, les ambassadeurs de l’UE ont tenu dimanche une réunion d’urgence à Bruxelles, à la suite de l’annonce par Donald Trump de droits de douane de 10 % sur les importations de huit pays européens à compter du 1er février, puis de 25 % à partir du 1er juin si ces pays ne cèdent pas sur la question du Groenland. Le député européen allemand Bernd Lange, président de la commission du commerce du Parlement européen, a réclamé l’activation « immédiate » de l’Accord de coopération internationale (ACI).
Pour l’heure, l’Union européenne privilégie encore la voie du dialogue. Un diplomate européen résume la position de Bruxelles en ces termes: « Nous disposons de moyens de représailles clairs si la situation perdure. Notre politique repose sur la carotte et le bâton. »
Ces mesures visent notamment à renforcer le pouvoir de négociation des dirigeants européens à l’approche de leurs rencontres avec Donald Trump, prévues cette semaine lors du Forum économique mondial de Davos.
