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Guerre contre l’Iran: les pays du Golfe refusent l’escalade et ne veulent pas d’un conflit qui risquerait de ruiner leurs économies tout en profitant à l’industrie d’armement américaine

Les pays du Golfe semblent comprendre de plus en plus la stratégie des Américains, qui consiste à déclencher une guerre puis à la déléguer, avant de revenir entretenir un commerce en vendant des armes aux deux belligérants. Cette stratégie a longtemps développé l’industrie de guerre américaine et leur a permis d’avoir accès aux ressources des pays en conflit. D’ailleurs, selon certains analystes, de nombreux groupes armés ont été créés ou soutenus par la CIA dans le but de déstabiliser certaines régions, permettant ainsi de vendre des armes tout en profitant des ressources locales.

Au Moyen-Orient, les Arabes ont déjà vécu la guerre Iran-Irak, qui a duré huit ans. Les Américains ont armé l’Irak de Saddam Hussein pendant plusieurs années, mais également l’Iran à certains moments du conflit. Après la guerre, sous la présidence de George Bush, ils sont revenus pour détruire l’Irak et s’emparer de son pétrole.

Aujourd’hui, si les pays arabes déclaraient la guerre à l’Iran, cela pourrait constituer une porte de sortie pour les États-Unis, qui en profiteraient pour vendre des armes aux pays du Golfe. La région serait alors déstabilisée pendant plusieurs années : les investissements seraient détruits, des millions de victimes seraient comptabilisées et les États-Unis pourraient développer davantage leur industrie d’armement tout en cherchant à s’emparer des ressources énergétiques du Golfe. Pendant ce temps, les pays arabes risqueraient de perdre leurs investissements et d’être ruinés, alors qu’ils ont déjà beaucoup souffert dans ce conflit, notamment dans le secteur du tourisme où d’importants investissements ont été réalisés.

Le politicien qatari Hamad bin Jassim met en garde. A l’en croire, «dès que nous déclarerons la guerre à l’Iran, l’Amérique se retirera du conflit, vendra des armes aux deux parties et exploitera nos ressources pour vaincre les deux camps afin de mettre en œuvre le projet du Grand Israël. » Une bonne partie de l’opinion publique arabe semble désormais consciente de ce que certains décrivent comme un jeu stratégique américain. Beaucoup s’interrogent : comment le dirigeant du gouvernement disposant de l’armée la plus puissante du monde peut-il, moins de dix jours après avoir lancé une guerre contre un pays soumis à un blocus depuis cinquante ans, se retrouver à  demander le soutien des Kurdes pour renverser le régime; solliciter la Grande-Bretagne et l’Espagne pour ouvrir leurs bases après la destruction de certaines installations militaires; demander à l’Ukraine, à la Corée et à la France d’aider à contrer les missiles iraniens; et appeler les pays du Golfe à combattre à sa place.

Avant-hier, les Kurdes ont refusé d’être une nouvelle fois la chair à canon des Américains, comme dans le passé. Se substituer à l’armée américaine en jouant le rôle de fantassins serait extrêmement risqué, car les pays du Golfe ne voudront pas perdre, à cause d’un conflit, des investissements estimés à des milliards de dollars.

Désormais, les États-Unis semblent plus isolés et contraints de jouer la carte de la diplomatie, tout en véhiculant, selon certains observateurs, une stratégie de communication destinée à faire croire que leurs objectifs en Iran sont déjà atteints. Pourtant, pour leurs détracteurs, la réalité du terrain serait bien différente.

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