lun 17 Août 2026

Guinée-Bissau: Domingos Simões Pereira entendu par le tribunal militaire dans une affaire présumé de tentative de coup d’État présumée

Bissau, 8 juillet – Le président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), Domingos Simões Pereira, a été entendu ce mercredi par le Tribunal militaire supérieur de Bissau dans le cadre de l’enquête sur une présumée tentative de coup d’État survenue en octobre 2025.

L’opposant a été notifié dans la matinée par une ordonnance judiciaire avant d’être convoqué dans l’après-midi devant la juridiction militaire. Il est poursuivi pour des faits liés à une supposée implication dans la préparation d’un complot visant à renverser les autorités de transition.

Selon l’ordonnance judiciaire, Domingos Simões Pereira est accusé d’avoir « financé la préparation logistique » de l’opération à hauteur de 300 millions de francs CFA, soit environ 450 000 euros. Les magistrats lui reprochent également d’avoir organisé, à son domicile, plusieurs réunions destinées à préparer le putsch présumé.

Au regard de ces accusations, le ministère public a requis son placement en détention provisoire. Toutefois, à l’issue de son audition, le chef du PAIGC a été autorisé à regagner son domicile. Le juge d’instruction a indiqué qu’une décision sur les réquisitions du parquet serait rendue « dans les prochaines heures ou les prochains jours ».

À la sortie de l’audience, les avocats de Domingos Simões Pereira ont vivement contesté la procédure. Ils dénoncent un « manque d’impartialité » de la justice militaire et estiment que cette affaire devrait relever de la justice civile. Dans un communiqué publié mercredi, la défense affirme également que le magistrat initialement chargé du dossier aurait été contraint de démissionner sous pression.

Les avocats dénoncent par ailleurs la nomination de son remplaçant, Mamadu Embaló, qu’ils présentent comme un cousin de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. Ils estiment que cette proximité familiale, combinée à la présence de plusieurs proches de l’ancien chef de l’État à des postes stratégiques, alimente les doutes sur l’indépendance de la procédure.

De son côté, l’opposition soutient que l’ancien président Umaro Sissoco Embaló aurait lui-même été impliqué dans les événements ayant conduit au coup d’État de 2025. Selon cette version, les résultats provisoires des élections lui étant défavorables, il aurait favorisé la prise de pouvoir par les militaires afin de maintenir son camp aux commandes et d’empêcher une alternance politique.

La défense de Domingos Simões Pereira considère que les poursuites engagées contre son client poursuivent un objectif essentiellement politique. Elle affirme que « le seul but de cette procédure arbitraire est de condamner Domingos Simões Pereira afin de l’empêcher une nouvelle fois de se présenter aux élections ».

Les autorités de transition ont fixé les prochaines élections au 6 décembre, un scrutin présenté comme devant permettre un retour à l’ordre constitutionnel et la restitution du pouvoir aux autorités civiles.

Pour rappel, Domingos Simões Pereira avait déjà été empêché de participer à l’élection présidentielle de novembre 2025 alors qu’Umaro Sissoco Embaló était encore au pouvoir. Au lendemain du coup d’État qui a suivi, il avait été arrêté par les militaires. Pour de nombreux observateurs, c’est le même scénario pour écarter le principal homme politique de la prochaine élection présidentielle et d’organiser un semblant d’élection pour remettre lepouvoir aux proches de l’ancien président Umaro Cissokho Emballo

TV-A avec RFI

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