Les autorités de transition en Guinée-Bissau ont fixé au 30 août la date du référendum constitutionnel destiné à faire approuver ou rejeter le projet de nouvelle Constitution porté par le pouvoir militaire. Les électeurs seront appelés à se prononcer par « oui » ou par « non » sur l’entrée en vigueur de ce texte, près de neuf mois après le coup d’État qui a conduit le général Horta N’tam à la tête du pays.
L’annonce a été faite par décret présidentiel signé par le chef de l’État de transition, le général Horta N’tam. Selon les autorités, la Cour suprême a rendu un avis favorable à l’organisation de cette consultation populaire, ouvrant ainsi la voie à la tenue du scrutin.
Le projet de Constitution a déjà été adopté à l’unanimité par les 65 membres du Conseil national de transition (CNT), tous désignés par les autorités militaires. Cette réforme marque un changement institutionnel majeur en prévoyant le passage d’un régime parlementaire à un régime présidentiel.
Le futur président de la République disposerait de prérogatives élargies. Il pourrait notamment nommer le Premier ministre et les membres du gouvernement, mais également dissoudre le Parlement. Dans le système actuellement en vigueur, le chef du gouvernement est issu de la majorité parlementaire, un fonctionnement qui a souvent conduit à des périodes de cohabitation et à des tensions entre les différentes institutions.
Pour les autorités de transition, cette réforme vise à renforcer la stabilité des institutions et à améliorer l’efficacité de l’action publique. Elles estiment qu’un exécutif plus fort permettra de mettre un terme aux crises politiques récurrentes qui ont marqué la vie institutionnelle du pays.
Cependant, le projet suscite de vives réserves au sein d’une partie de la classe politique et de la société civile. Ses détracteurs dénoncent une concentration excessive des pouvoirs entre les mains du chef de l’État et s’inquiètent d’un affaiblissement des contre-pouvoirs. Ils contestent également les conditions d’élaboration du texte, adopté par un Parlement de transition composé exclusivement de membres désignés par la junte.
Le référendum du 30 août constitue ainsi une étape déterminante dans le processus de transition engagé depuis la prise du pouvoir par les militaires. Son issue pourrait redessiner durablement l’architecture institutionnelle de la Guinée-Bissau et orienter l’avenir politique du pays.
TV-A






