mer 18 Mar 2026

Guinée: dissolution de 40 partis politiques et saisie de leurs patrimoines, dont l’UFDG, le RPG et l’UFR, les partis historiques de Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé et Sidya Touré, avant les législatives

À peine revenu en Guinée après deux semaines d’absence, le gouvernement de Mamady Doumbouya a pris une décision très critiquée. Il a tout simplement écarté plusieurs partis politiques en les dissolvant, à quelques semaines des élections législatives qui doivent se tenir le 24 mai prochain.

Le paysage politique guinéen vient de subir un coup de balai sans précédent. Par un arrêté publié ce vendredi 6 mars 2026, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), Ibrahima Kalil Condé, a prononcé la dissolution de quarante formations politiques pour « manquement à leurs obligations ». Cette décision, qui fera date, ne se contente pas de rayer des noms sur une liste : elle démantèle physiquement et juridiquement l’existence de ces organisations. L’arrêté ministériel est sans équivoque sur les conséquences de cette mesure. Les partis visés perdent toute existence légale. « La présente dissolution entraîne la perte immédiate de la personnalité morale et du statut juridique des formations concernées », précise l’article 2 de l’acte administratif. Il ajoute qu’en conséquence, « toute activité politique au nom de ces partis est interdite sur l’ensemble du territoire national et dans les missions diplomatiques ».

Sièges sous scellés et patrimoine saisi

Le gouvernement ne s’est pas arrêté à l’interdiction d’activités politiques. Le ministre Ibrahima Kalil Condé a ordonné une neutralisation totale des signes distinctifs et des actifs de ces partis.  «L’utilisation des sigles, logos, emblèmes et autres signes distinctifs est prohibée. Les locaux abritant les sièges nationaux et les représentations déconcentrées sont mis sous scellés », indique la décision. Plus frappant encore, le patrimoine accumulé par ces formations politiques (UFDG, RPG, UFR, entre autres) tombe désormais sous le contrôle de l’État. Selon l’article 3 de l’arrêté, « le patrimoine des partis dissous est placé sous séquestre ». Pour gérer ces actifs, la procédure prévoit qu’un « curateur sera nommé pour assurer la dévolution des biens». Pour garantir que cette décision ne reste pas lettre morte, le MATD a mobilisé l’ensemble de l’appareil sécuritaire et administratif du pays. De la police à la gendarmerie, en passant par l’administration territoriale, toute la chaîne de commandement est instruite de veiller à son application. «La direction générale des affaires politiques, la direction générale des élections, la direction générale de la police nationale, le haut commandement de la gendarmerie nationale… ainsi que les gouverneurs et préfets sont chargés de l’exécution du présent arrêté. »

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