L’évolution de la guerre opposant l’Iran à la coalition israélo-américaine tourne de plus en plus à l’humiliation pour les agresseurs. Donald Trump, qui pensait détenir toutes les cartes en main pour pulvériser l’Iran en quelques jours, se retrouve aujourd’hui confronté à une toute autre réalité sur le terrain. Celui qui ne cesse de vanter la supériorité militaire des États-Unis sollicite désormais l’aide de la communauté internationale pour la réouverture du détroit d’Ormuz, selon des informations rapportées par le Washington Post. Le président américain appelle notamment la Chine, la France, la Russie et d’autres pays à former une coalition militaire afin de lutter contre l’Iran et de débloquer le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Face à cet appel, le président français Emmanuel Macron estime que la France ne peut pas se mêler à cette guerre. De son côté, la Chine reconnaît le droit de souveraineté de l’Iran sur le détroit d’Ormuz.
Trump, qui pensait disposer d’une puissance militaire imbattable, se retrouve isolé et fragilisé sur la scène internationale. Après avoir lâché l’Union européenne et s’être retiré de l’OTAN, il subit aujourd’hui un retour de bâton particulièrement embarrassant pour le régime américain, accusé d’avoir déclenché une guerre qui ne servait pas ses intérêts et qui a plongé le monde dans une crise économique. Aux États-Unis, le sénateur démocrate Chris Murphy affirme que Trump a perdu le contrôle de la guerre : «Trump a perdu le contrôle de cette guerre et a gravement sous-estimé la capacité de l’Iran à répondre. Il pensait que l’armée iranienne s’effondrerait rapidement face aux attaques américaines, mais cette évaluation était complètement erronée. Le Congrès n’a donné aucune autorisation pour commencer cette guerre et le peuple américain a le droit de connaître toute la vérité sur ce qui se passe », soutient le sénateur.
Le Pentagone envoie des renforts militaires
Dans ce contexte de forte tension, les États-Unis ont décidé d’envoyer plusieurs milliers de Marines et des navires de guerre supplémentaires au Moyen-Orient, selon plusieurs médias dont le Wall Street Journal. Le secrétaire américain à la Défense a approuvé la demande du Commandement central américain visant à déployer un groupe amphibie prêt au combat ainsi qu’une unité expéditionnaire de Marines. Une partie des troupes serait déjà arrivée dans la région. Au total, environ 5 000 militaires, marines et marins, pourraient participer à ce déploiement. Certaines estimations évoquent environ 2 500 Marines accompagnés de personnels de la marine. Ces forces sont transportées par plusieurs navires, dont le porte-aéronefs amphibie USS Tripoli, ainsi que les navires USS New Orleanset USS San Diego. Ces unités étaient basées au Japon et opéraient dans la région du Pacifique avant d’être redirigées vers le Moyen-Orient. Leur arrivée complète dans la zone de crise pourrait prendre entre dix et quinze jours.
Les experts militaires évoquent toutefois des opérations limitées. Le contexte reste extrêmement tendu. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran se sont fortement aggravées, notamment autour du contrôle du détroit d’Ormuz et des attaques menées dans la région. L’envoi de ces renforts montre que Washington prépare plusieurs scénarios possibles, tout en essayant d’éviter une guerre longue et incontrôlable. Par ailleurs, cette crise commence déjà à avoir des conséquences sur l’économie mondiale, avec une forte hausse des prix du pétrole.
