New Delhi – La contestation étudiante a franchi un nouveau cap lundi dans la capitale indienne. Des milliers de manifestants du « Parti du peuple des Cafards », un mouvement né sur les réseaux sociaux pour dénoncer les fraudes aux examens universitaires, ont tenté de marcher vers le Parlement afin d’exiger une réforme du système éducatif et la démission du ministre de l’Éducation.
Dès l’aube, les autorités avaient déployé un important dispositif de sécurité autour du Parlement, où s’ouvrait la session parlementaire de la mousson. Des barrages policiers filtraient les principaux axes menant au quartier gouvernemental, tandis que les réseaux mobiles auraient été perturbés dans un large périmètre.
Vers 11 heures, lorsque les manifestants ont tenté de franchir les barrages, les forces de l’ordre sont intervenues à l’aide de gaz lacrymogènes avant de disperser la foule à coups de matraque. Plusieurs affrontements ont éclaté, provoquant un mouvement de panique parmi les participants.
Selon les autorités, des dizaines de personnes ont été blessées lors des affrontements, parmi lesquelles des policiers et des manifestants. Plusieurs arrestations ont également été effectuées. Le fondateur du « Parti du peuple des Cafards », Abhijeet Dipke, qui menait la marche, a été interpellé avant d’être conduit dans un commissariat de la capitale.
Un mouvement né d’une colère étudiante
Le «Mouvement Cafard» s’est imposé en quelques semaines comme l’un des principaux foyers de contestation contre le gouvernement. Né sur les réseaux sociaux, il tire son nom d’une insulte devenue symbole de résistance après avoir été reprise par ses militants.
Le mouvement a pris de l’ampleur à la suite du scandale entourant le NEET, l’examen national d’entrée en médecine, dont une fuite des sujets aurait profondément ébranlé la confiance des étudiants envers le système éducatif. Pour ses membres, cette affaire révèle des dysfonctionnements plus larges touchant l’organisation des concours nationaux.
Les manifestants réclament notamment le départ du ministre de l’Éducation, une réforme en profondeur du système des examens, ainsi que des mesures de soutien en faveur des étudiants affectés par cette crise.
Une pression politique croissante
À l’intérieur du Parlement, l’opposition a profité de cette mobilisation pour interpeller le gouvernement et réclamer des explications sur la gestion du dossier. Plusieurs élus ont demandé un débat d’urgence, estimant que la crise dépasse désormais le seul cadre de l’éducation pour devenir une question politique majeure.
En fin de journée, le quartier du Parlement demeurait placé sous haute surveillance. Malgré les interventions policières, les organisateurs ont promis de poursuivre leur mobilisation, laissant présager de nouvelles manifestations dans les prochains jours.
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