New Delhi, 22 juillet – La crise politique s’intensifie en Inde. Le chef de l’opposition, Rahul Gandhi, a appelé à la démission du Premier ministre Narendra Modi, dénonçant la répression violente d’une importante manifestation étudiante organisée à New Delhi pour protester contre les fraudes aux examens et exiger une réforme du système universitaire.
Lundi, des dizaines de milliers d’étudiants et de sympathisants ont défilé dans les rues de la capitale à l’appel du mouvement surnommé le « Parti des cafards », devenu le symbole de la colère d’une jeunesse confrontée aux irrégularités des concours et au manque de perspectives. Il s’agit de l’une des plus importantes mobilisations étudiantes depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014 rapporte l’AFP.
La manifestation a rapidement dégénéré lorsque les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser la foule. La police a eu recours à des gaz lacrymogènes et à des charges à coups de bâton. Selon les autorités, au moins 180 personnes ont été blessées, tandis que les organisateurs et les étudiants avancent un bilan bien plus lourd, évoquant plusieurs centaines de victimes.
Face à cette répression, Rahul Gandhi, dirigeant du Parti du Congrès et chef de l’opposition à la Chambre basse, a vivement mis en cause le gouvernement. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a accusé Narendra Modi d’avoir « détruit l’avenir de la jeunesse indienne » et estimé que le Premier ministre devait quitter ses fonctions. Il a également reproché à l’exécutif de refuser d’assumer ses responsabilités et d’éviter tout débat sur cette crise au Parlement.
Dans la foulée, Rahul Gandhi a organisé un sit-in devant la résidence officielle du Premier ministre, où plusieurs centaines de manifestants ont scandé des slogans réclamant justice et appelant au départ de Narendra Modi. La mobilisation a toutefois été interrompue par l’intervention de la police de New Delhi.
Rahul Gandhi, sa sœur Priyanka Gandhi Vadra ainsi que plusieurs parlementaires de l’opposition ont été interpellés et conduits de force par les forces de l’ordre. Leur mère, Sonia Gandhi, figure historique du Parti du Congrès, s’est rendue sur leur lieu de détention afin de leur apporter son soutien. Les deux dirigeants ont finalement été libérés quelques heures plus tard.
À leur sortie, Rahul et Priyanka Gandhi ont appelé leurs partisans à poursuivre la mobilisation, affirmant que la contestation devait se poursuivre jusqu’à l’obtention de réformes et de réponses du gouvernement.
Dans la capitale, la tension demeure particulièrement élevée. Les autorités ont renforcé le dispositif de sécurité autour du quartier gouvernemental et du Parlement, provoquant d’importantes perturbations de la circulation. Plusieurs stations de métro situées au cœur de la zone politique sont restées fermées, tandis que les accès aux bâtiments officiels sont strictement contrôlés par les forces de sécurité.
Le gouvernement, de son côté, rejette les accusations de l’opposition. Il estime que les manifestations ont été instrumentalisées à des fins politiques et accuse le Parti du Congrès de chercher à provoquer un affrontement avec les autorités.
Cette nouvelle flambée de tensions intervient dans un contexte de mécontentement croissant de la jeunesse indienne, qui dénonce depuis plusieurs mois les fraudes aux concours publics, les dysfonctionnements du système éducatif et la difficulté d’accéder à l’emploi. Ces revendications pourraient désormais prendre une dimension politique plus large, alors que la pression s’accentue sur le gouvernement de Narendra Modi.
TV-A avec AFP






