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Iran–États-Unis : le mémorandum d’entente entre officiellement en vigueur, Téhéran annonce le début d’une nouvelle phase diplomatique

Téhéran, mercredi – L’Iran a annoncé l’entrée officielle en vigueur du mémorandum d’entente conclu avec les États-Unis, après sa signature électronique par les présidents des deux pays. L’annonce a été faite mercredi par le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, qui a confirmé que le texte était désormais finalisé et juridiquement applicable.

Selon le responsable iranien, aucune cérémonie officielle de signature n’a été organisée en Suisse, contrairement à certaines spéculations. « Il a été convenu que le mémorandum d’entente entre l’Iran et les États-Unis serait signé électroniquement », a-t-il déclaré, précisant que la signature numérique avait été privilégiée afin de renforcer la portée politique et juridique de l’accord.

Baghaï a souligné que le choix de faire signer le document par les chefs d’État des deux pays répondait à une volonté de garantir un engagement maximal des parties. Selon lui, toute violation d’un accord validé par les plus hautes autorités nationales entraînerait des conséquences diplomatiques et politiques plus lourdes.

Le diplomate a indiqué que le délai observé entre la finalisation du texte dimanche et son annonce officielle mercredi résultait des procédures diplomatiques habituelles ainsi que des consultations menées avec les médiateurs impliqués dans le processus.

« Les parties s’étaient engagées à ne pas publier le texte avant sa finalisation », a-t-il expliqué, ajoutant que les grandes lignes de l’accord avaient néanmoins déjà été présentées à l’opinion publique iranienne.

Une mise en œuvre jugée plus difficile que la négociation

Si la signature marque une étape importante, Téhéran estime que le véritable défi réside désormais dans l’application concrète des engagements convenus.

« La mise en œuvre des accords internationaux est toujours beaucoup plus complexe que leur rédaction », a averti Baghaï, rappelant que l’Iran restait méfiant à l’égard du respect des engagements américains au regard des expériences passées.

Le porte-parole a insisté sur le fait que la fin du conflit ne signifiait ni l’oubli des événements récents ni l’abandon des enseignements tirés de la guerre. Selon lui, l’Iran surveillera attentivement l’exécution de chaque clause du mémorandum.

Une relation fondée sur la réciprocité

Téhéran affirme que le respect de l’accord reposera sur un principe strict de réciprocité. Baghaï a déclaré que l’Iran appliquerait ses propres engagements uniquement si Washington honorait les siens.

« Si les Américains manquent à leurs engagements, nous ferons de même », a-t-il averti, soulignant que la République islamique ne ferait preuve d’« aucune indulgence » en matière de vérification du respect des obligations américaines.

Les négociations nucléaires reportées mais maintenues

Le responsable iranien a révélé que les discussions sur le programme nucléaire n’avaient pas été incluses dans les négociations ayant conduit au cessez-le-feu. L’objectif prioritaire, selon lui, était d’obtenir la fin des hostilités.

Dès l’entrée en vigueur du mémorandum, les deux parties disposeront désormais d’une période de 60 jours pour ouvrir des négociations consacrées exclusivement au dossier nucléaire et à la levée des sanctions. Ce délai pourrait être prolongé si les circonstances l’exigent.

Baghaï a par ailleurs réaffirmé la position iranienne concernant son stock d’uranium enrichi. Téhéran refuse catégoriquement tout transfert de matières nucléaires enrichies hors du territoire national, considérant cette option comme une ligne rouge.

Concernant les capacités balistiques du pays, le porte-parole a été catégorique : les systèmes de défense et les missiles iraniens ne feront l’objet d’aucune négociation.

Le Liban au cœur des préoccupations iraniennes

L’Iran a également mis en avant la place accordée au Liban dans le mémorandum. Selon Baghaï, le respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté libanaises figure explicitement dans le texte.

Le diplomate a affirmé que Téhéran considérait la fin des hostilités au Liban comme aussi importante que celle du conflit impliquant directement l’Iran. Il a également averti que la poursuite d’attaques israéliennes contre le territoire libanais pourrait être interprétée comme une violation des engagements américains prévus dans le cadre de l’accord.

Début de la levée des sanctions pétrolières

L’un des aspects les plus significatifs du mémorandum concerne les sanctions économiques. Selon Baghaï, le processus de levée des sanctions pétrolières contre l’Iran a débuté dès l’entrée en vigueur de l’accord.

Le responsable a insisté sur la nécessité d’une levée effective des restrictions, permettant non seulement l’exportation du pétrole iranien, mais également son transport, son assurance et le rapatriement des revenus générés par ces ventes.

Parallèlement, des discussions seraient en cours concernant le déblocage d’avoirs iraniens gelés à l’étranger ainsi que l’examen de compensations liées aux dommages économiques subis.

Un nouveau mécanisme pour le détroit d’Ormuz

Téhéran a également confirmé travailler avec Oman à l’élaboration d’un nouveau système de gestion du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.

Selon Baghaï, un mécanisme permettant à l’Iran de percevoir des droits de passage pour certains services maritimes est en cours de finalisation. Il a assuré que la sécurité de la navigation serait maintenue tout en préservant la souveraineté iranienne sur cette voie maritime essentielle.

La poursuite des actions judiciaires

Enfin, le porte-parole a affirmé que le mémorandum d’entente ne mettait pas fin aux démarches entreprises par l’Iran pour documenter et poursuivre les crimes de guerre présumés commis contre la population iranienne durant le conflit.

« Nous utiliserons tous les mécanismes et toutes les institutions internationales pour défendre les droits de la nation iranienne », a-t-il déclaré, précisant que ces questions demeuraient distinctes du contenu de l’accord signé avec Washington.

Avec l’entrée en vigueur du mémorandum, l’Iran et les États-Unis ouvrent ainsi une nouvelle séquence diplomatique marquée par un cessez-le-feu, la perspective de négociations nucléaires et un allègement progressif des sanctions. Reste désormais à savoir si les deux parties parviendront à transformer cet engagement politique en une normalisation durable de leurs relations.

TV-A

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