L’audience consacrée à la demande d’extradition de l’activiste franco-béninois Kémi Séba qui devait se tenir aujourd’hui a été reportée au 11 août prochain par la justice sud-africaine. Ce renvoi intervient après le dépôt officiel de la requête d’extradition formulée par les autorités béninoises.
Le Bénin accuse Kémi Séba, de son vrai nom Gilles Robert Capo Chichi, d’incitation à la violence et de blanchiment d’argent. Selon les éléments présentés dans le dossier, ces accusations sont liées à son soutien présumé à une tentative de coup d’État qui aurait eu lieu en décembre 2025.
À ce stade, les juridictions sud-africaines ne se prononcent pas sur le fond de la demande d’extradition. Leur examen porte uniquement sur les infractions présumées à la législation sur l’immigration. L’activiste est en effet poursuivi pour séjour irrégulier sur le territoire sud-africain.
Kémi Séba a été arrêté le 13 avril 2026 alors qu’il tentait de quitter l’Afrique du Sud en direction du Zimbabwe avec son fils. Selon les autorités, les visas des deux voyageurs avaient expiré au moment de leur interpellation. L’activiste est également détenteur d’un passeport diplomatique nigérien.
Les circonstances de ce déplacement font l’objet d’investigations. Les enquêteurs cherchent notamment à établir les raisons du voyage vers le Zimbabwe ainsi que le rôle présumé d’un troisième individu dans cette affaire. Il s’agit d’un ressortissant sud-africain, François Van der Merwe, soupçonné d’avoir reçu des fonds en provenance de Moscou afin de faciliter les déplacements de Kémi Séba, selon les éléments versés au dossier judiciaire.
Figure du mouvement panafricaniste et critique virulent de la politique française en Afrique, Kémi Séba s’est installé au Niger après avoir été condamné en France pour provocation à la haine raciale. En août 2023, les autorités nigériennes issues du coup d’État l’ont nommé conseiller spécial et lui ont délivré un passeport diplomatique.
Selon des déclarations rapportées par Le Monde, l’ambassade du Niger en Afrique du Sud se serait engagée à l’accueillir à l’issue de sa détention. Dans un entretien accordé au quotidien le 7 juillet, l’activiste s’est dit confiant quant à sa libération, affirmant qu’il finirait « par sortir de prison », quel que soit le temps nécessaire.
La prochaine audience, prévue le 11 août, devrait permettre à la justice sud-africaine de poursuivre l’examen de cette affaire, sur fond de procédure d’extradition et de contentieux migratoire.
TV-A
