Accueil Afrique de l'ouest La coalition « Diomaye Président » vers une seconde vague de ralliements

La coalition « Diomaye Président » vers une seconde vague de ralliements

Le président Bassirou Diomaye Faye serait en train de mijoter un plan pour se relever de la déception subie lors du meeting du 9 mai 2026 dans le département de Mbour, situé à environ 90 km de Dakar. Ce rassemblement a été perçu comme un véritable fiasco malgré les moyens colossaux débloqués, estimés à près d’un milliard de francs CFA. La mobilisation n’a pas été à la hauteur de celle du PASTEF, et plusieurs responsables s’accusent mutuellement d’avoir détourné les fonds destinés à la mobilisation.

Dans ce contexte, le président Bassirou Diomaye Faye, que certains accusent d’être marginalisé par ses propres camarades de parti en raison du non-respect des promesses de campagne et du projet porté par le leader du PASTEF, Ousmane Sonko, semble de plus en plus esseulé. Après avoir échoué dans une supposée tentative d’arracher le PASTEF des mains de son leader, Diomaye préparerait une nouvelle stratégie pour renaître de ses cendres politiques. Ainsi, il lance une seconde attaque pour sortir de l’ornière.

Le dialogue national, même s’il s’inscrit dans le calendrier républicain, pourrait ainsi servir de prétexte à une seconde vague de ralliements politiques. D’autant plus que la reddition des comptes concernant les actes présumés criminels commis sous le régime de l’ancien président Macky Sall semble aujourd’hui marquer le pas. En contrepartie, la coalition « Diomaye Président » pourrait obtenir plusieurs soutiens avant les élections locales car avec Aminata Touré et Abdourahmane Diouf, cette coalition apparaît encore comme une coquille vide.

Ainsi, Diomaye pourrait tenter un coup de Jarnac en se séparant d’Aminata Touré si cette dernière refuse de rentrer dans les rangs. Étant donné qu’elle est citée dans certains dossiers attribués à l’ancien régime, elle pourrait faire l’objet de poursuites judiciaires au nom de la reddition des comptes, même si certains y verraient davantage un règlement politique.

Le président prépare également un rapprochement avec certains anciens membres du parti de  l’Alliance pour la République et du Parti démocratique sénégalais. Ces ralliements ne seraient pas difficiles à obtenir : certains responsables auraient déjà été épinglés dans des rapports compromettants pouvant servir de moyen de pression, tandis que d’autres, confrontés à des difficultés financières, pourraient être attirés par les ressources du pouvoir d’autant plus celui qui prônait pour remplacement de la caisse noir par des fonds spéciaux a fait un revirement de 100 degré.

Pour certains observateurs critiques, Diomaye serait devenu le prolongement d’un modèle politique ancien observé dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, où les dirigeants finissent par privilégier les intérêts occidentaux. Toutefois, par prudence, l’Union européenne jouerait sur deux tableaux : d’un côté Sonko, qui conserve une forte popularité et de l’autre Diomaye, qui détient aujourd’hui le pouvoir d’État.

À ce rythme, même une opposition réunie pourrait avoir du mal à rivaliser avec le PASTEF sur le terrain électoral. Quant à Diomaye, s’il pousse le bouchon trop loin et qu’il venait à perdre en 2029, il risquerait d’être classé parmi les dirigeants accusés d’avoir trahi leur peuple, à l’image de Blaise Compaoré au Burkina. En revanche, s’il obtenait un second mandat, il pourrait alors s’émanciper politiquement et écrire sa propre histoire.

TV-A

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